NdA : One-Shot dans la même ”série” que le premier du même nom.
POV Mystère encore (enfin pas si mystère que ça
)
FIRST TIME… [BIS]
La première fois qu’elle embrasse celui qu’elle considère comme son propre petit frère, ce dernier n’est qu’un jeune adolescent. Pour être honnête, embrasser n’est pas le verbe approprié pour décrire ce qu’elle lui fait. Elle aurait plutôt choisit le verbe « faire la bise », mais enfin tout dépend du point de vue, qui pour certains, auraient qualifié son action de « faire un gros bisou sonore sur la joue ».
Sonore. Car, oui, elle ne le considérait encore comme un enfant. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a toujours eu une forte envie de le materner, ce qui doit sans doute plus agacer le concerné que vraiment autre chose. En y réfléchissant, c’est peut-être parce qu’il a perdu sa mère il n’y a pas si longtemps que ça qu’elle réagit ainsi avec lui, il est jeune et elle a envie de le consoler. Point final.
Cependant, il y a également une autre raison. Qu’elle ne s’en apercevra que bien plus tard, toutefois.
Les années passent. Et après avoir appris l’horrible nouvelle par l’autre qu’elle considère maintenant comme son ex-petit ami, voir pas du tout petit ami, elle se sent trahie. L’horrible nouvelle étant que l’autre ait couché avec une autre femme.
Comment s’appelle-t-elle déjà ? Elle ne veut même pas se souvenir de son nom.
Parfois, elle se dit qu’elle est pathétique à réagir comme cela. Mais elle n’y peut rien à ça.
Et puis elle le revoit. Lui. Après toutes ces années, il n’est plus le jeune adolescent qui avait peur de dormir seul dans sa chambre car il craignait qu’il n’y ait un monstre dans le placard. Il n’est plus l’enfant qu’elle s’est plue à materner et à consoler.
Non. Il a grandi. Peut-être un petit peu trop rapidement. La vie est parfois injuste pour certains.
Il a grandi. Et ce qu’elle ressent à présent n’est plus un instinct maternel. Non. C’est autre chose, ce autre chose qu’elle se surprend même à ressentir envers celui qu’elle considère – rectification, considérait – comme son propre petit frère. Elle ne sait pas réellement comment réagir face à ses sentiments. Il est après tout son petit frère.
Alors après avoir passé une nuit dans un bar avec lui, ils rentrent dans son appartement. Elle a l’esprit légèrement embrumé, mais arrive tout de même à formuler de pensées correctes. Les paroles qu’elle sort laissent pourtant à désirer.
Correction, elle n’a pas de pensées correctes. Et son équilibre non plus n’est pas correct.
Cette succession de péripéties fait qu’elle se retrouve brusquement – sans savoir comment – dans ses bras. A vrai dire, elle se plait à être dans cette position quand soudain elle a une pensée envers l’autre. Chassant furieusement cette pensée de son esprit – il peut aller au diable – elle se redresse doucement.
C’est la première fois – depuis longtemps – qu’elle se retrouve aussi proche de lui. Elle lève son regard vers ses prunelles bleues et s’en retrouve aussitôt hypnotisée. L’ironie fait qu’elle baisse alors les yeux vers ses lèvres. C’est là qu’elle se trouve attirée comme un aimant par celles-ci. Une partie de son esprit crie la sonnette d’alarme, mais elle ne fait que l’ignorer et approche peu à peu son visage de lui.
Jusqu’à ce qu’une sonnerie stridente – cette fois-ci bien réelle – ne retentisse dans les lieues et ne les coupe dans leur action. Elle maudit intérieurement celui qui appelle jusqu’à la trente-sixième génération.
Il s’excuse, sort son portable de sa poche, et regarde silencieusement l’écran lumineux. Elle ne peut s’empêcher de baisser elle aussi le regard vers le petit appareil.
Evidement.
L’autre. Finalement, elle retirerait peut-être sa malédiction. Peut-être.
Elle tente de se composer une expression neutre en espérant ne pas afficher la moindre déception possible face à ce qui a faillit se passer et lui demande s’il va répondre.
« Il peut laisser un message, » répond-t-il.
Un silence inconfortable s’installe, et après quelques secondes, il ajoute :
« On ne devrait pas faire ça. »
Elle sent son masque tomber. Le fait de l’avoir presque fait lui donne l’esprit plus clair à présent. Elle est toujours ivre, bien sûr, mais son esprit est beaucoup plus lucide. Elle se rend compte maintenant que les sentiments qu’elle ressent sont bien réels.
Alors quand elle répète plusieurs fois :
« Je comprends. »
Elle ment.
Les moments d’après sont bien trop flous pour qu’elle s’en souvienne vraiment. Il lui a appelé un taxi. Elle est rentrée chez elle. Elle passe la nuit entière une boîte de mouchoir à la main et un pot de crème glacée dans l’autre.
Pathétique n’est-ce pas ? Voilà maintenant à quoi elle est réduite à cause de ces hommes.
Le lendemain, quand elle apprend la mauvaise nouvelle, elle se sent complètement honteuse d’avoir eu de pensées pareilles. Elle ne sait pas vraiment s’il est courant pour lui, alors elle va le voir au travail.
Ils réagissent comme s’il ne s’était absolument rien passé la veille, ce qu’elle ne demandait pas tant venant de sa part.
Les jours suivants, elle se dit vraiment qu’elle est heureuse de ne pas le revoir. Elle ne l’aurait pas supporté.
Puis une semaine après, elle le croise par hasard dans une avenue bondée de Chicago. Elle tente de l’éviter quand il la tient par le bras. Elle se retourne brusquement vers lui.
Il la lâche, et tout en se passant une main derrière la tête, il dit :
« Tu sais, à propos d’il y a une semaine- »
« N’en parlons pas, » l’interrompt-elle soudainement.
« Vee, je voulais juste te dire que je suis désolé, » déclare-t-il d’un air mal-à-l’aise.
Elle se fige. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’excuse.
« Je… » commence-t-elle à dire. « Pourquoi t’excuses-tu ? Ce n’est pas de ta faute. Nous étions- J’étais ivre. Ce n’est pas de ta faute, » répète-t-elle.
C’était plutôt de sa faute. A elle seule.
« Tu es sûr, Vee ? »
Elle sourit. Elle revoit pendant un instant le jeune adolescent peu sûr de lui.
« Oui, j’en suis sûre Mikey. N’en parlons plus. »
Trois ans après, lorsqu’elle repense à ce souvenir, elle se demande tout de même ce qui se serait passé à ce moment-là si elle l’aurait embrassé.
Néanmoins, en serrant dans ses bras l’homme qu’elle avait depuis toujours aimé et qui allait la quitter à jamais, elle se dit qu’elle avait bien fait. Vraiment.
FIN
NdA (Bis) : Au début, j’avais prévu de faire ce One-Shot sous le point de vue de Michael, mais je me suis dit que le faire sous le point de vue de Veronica serait beaucoup plus intéressant, et c’est surtout parce qu’il n’a pas beaucoup de fiction sur elle ^^. Donc j’ai voulu lui faire un petit hommage

