Classé dans : : Fanfictions
NdA : Voilà une histoire que j’ai décidée d’écrire suite à l’épisode final de la saison 2 (donc présence de SPOILERS). Cette fic sera particulièrement centrée sur la psychologie des personnages et aura plusieurs points de vue dont quelques principaux. Le début de cette histoire se situe peu avant la fin de l’épisode Sona 2×22
En espérant que cette fic vous plaira…
Une lumière au bout du tunnel…
… Do you want to be my savior ?
Fond sonore : Savior / A modern myth by 30 Seconds To Mars.
« Les anges d’aujourd’hui, ce sont tous ceux qui s’intéressent aux autres avant de s’intéresser à eux-mêmes. » Wim Wenders
« Le démon du mal est l’un des instincts premiers du coeur humain. » Edgar Allan Poe
« Un démon ? C’est un ange qui a eu des malheurs ; un ange émigré. » Rivarol
PREMIER CHAPITRE : Du Paradis à l’Enfer, il n’y a qu’un pas…
Froid. Michael avait si froid.
Tout ceci n’était en rien du à la température ambiante qui semblait déjà dépasser la barre des quarante et quelques degrés, ni au gilet à manches longues qu’il portait malgré cette étouffante chaleur.
Il était glacé de l’intérieur. Il était glacé au plus profond de son coeur.
Il se sentait vide. Il se sentait las et brisé au plus profond de son âme.
Il savait qu’il n’allait plus les revoir, qu’il n’allait plus la revoir. Elle.
Il avait cru s’être fait à l’idée de ne plus les revoir. Mais pas eux. Pas elle.
Et son frère. Qu’allait-il penser ? Il allait probablement lui en vouloir. A lui seul. Lui en vouloir d’être tout simplement ce qu’il était. De ne pas accorder plus d’attention à lui-même.
Mais pouvait-il s’en empêcher vraiment ? C’était dans sa nature, et personne ne pouvait rien y faire. Du moins en apparence.
Lorsqu’on le fit embarquer dans un pick-up pour l’emmener à sa destination finale – en Enfer – il avait compris que toutes les espérances qu’il avait eues de vivre une vie heureuse en compagnie de ses êtres aimés allaient rester vaines. Il n’y avait plus aucune échappatoire.
Peut-être le méritait-il dans le fond ? Il méritait d’être enfermé quoi que disent certaines personnes. Tant de personnes avaient disparues par sa faute, tant de vies avaient été gâchées par ses seules actions.
Il sourit légèrement à la pensée que Lincoln désapprouverait sûrement qu’il prenne toutes ces responsabilités sur lui. Lincoln. Celui pour lequel, il avait tout sacrifié et dont il ne regretterait jamais ce sacrifice.
Grâce à lui, il avait rencontré un ange. Elle.
« Michael ! MICHAEL ! MICHAEL ! »
Il leva le regard vers la personne qui l’observait d’un air à la fois abasourdi, à la fois désespéré.
Son frère.
Ce dernier courrait tant bien que mal derrière le véhicule.
« Michael ! » continuait Lincoln d’appeler.
Le jeune homme ne pu retenir quelques larmes en repensant à ses vaines espérances d’une vie empli de bonheur, mais les effaça rapidement d’un geste de la main. Son frère était libre et vivant, c’était tout ce qui comptait et c’était tout ce qui avait jamais compté pour lui.
Non, c’était faux. Il y avait elle également.
Au bout d’un moment, le véhicule s’arrêta à un feu et son frère pu enfin s’approcher de lui et de la grille qui les séparait.
« Mon Dieu. Michael, que se passe-t-il ? Pourquoi t’embarquent-ils ? Ne me dis pas que tu retournes en prison ! Je ne les laisserai pas faire ! Michael, réponds-moi ! »
L’interpellé ne pu que sourire faiblement sans toutefois oser regarder son frère dans les yeux. Il n’en avait pas la force. Il n’avait pas la force, ni le courage de voir le regard empli d’émotions de son frère.
Alors, tout en réprimant ses larmes, il dit d’une voix dont il essaya de contrôler les tremblements :
« Je suis désolé Linc. Dis juste- dis juste à Sara de ne pas m’en vouloir. Ne m’en veux pas. Je vous aime tous les deux. Linc- promets-moi juste de prendre soin de Sara. Je suis désolé. Je vous aime. »
Ce fut sur ces mots que le pick-up redémarra, emportant ainsi un ange dans sa lente descente aux Enfers, et abandonnant un frère ayant perdu presque tout espoir.
Mais un frère qui était tout autant déterminé à ne pas le laisser dans cet Enfer seul.
-:-
« Sara ! SARA ! » appelait Lincoln au milieu d’une foule de passants.
Il n’allait pas faillir à la promesse de son frère. Il allait retrouver Sara et il allait également le faire sortir de cet Enfer.
Il allait faire sortir son petit frère de là quoi qu’il lui en coûte. Il voulait également savoir ce qu’il leur était vraiment arrivé.
Au bout d’un moment, il s’aperçut que crier ne servait à rien. Sara avait disparu.
Il prit alors la décision d’approfondir ses recherches. Elle était là quelque part. Il avait besoin de se renseigner. Seulement ses tentatives se révélèrent comme étant un total échec, personne n’avait aperçu de « jeune femme brune, américaine, chemisier blanc, jean bleu ».
Peut-être était-elle blessée ? En dernier recours, il se dirigea vers l’hôpital le plus proche. Un hôpital de fortune à vrai dire. Plusieurs personnes à l’allure très modeste attendaient dans la salle d’attente de l’accueil. Toutes étaient dans un état déplorable.
Ne trouvant pas Sara des yeux, il s’informa à l’accueil :
« Excusez-moi ? Habla inglés ? »
La jeune femme de l’accueil hocha la tête et lui adressa un sourire d’excuse avant de dire :
« Navrée Señor mais pour une consultation il faut faire la queue comme tout le monde. »
« Ce n’est pas pour consultation. Je cherche une amie. Nous étions en vacances ici à Panama City mais nous nous sommes perdus de vue. C’est une jeune femme brune américaine, portant un chemisier blanc et un jean bleu. Est-ce que vous l’auriez vu, por favor ? »
L’employée regarda dans ses dossiers.
« Son nom, por favor ? »
« Sara Tancredi. Gracias. »
Son interlocutrice leva un regard désappointé vers lui.
« Navrée Señor mais je n’ai aucune femme de ce nom sur ma liste d’attente. »
« Peut-être a-t-elle pris un autre nom… Je ne sais pas comme… » commença Lincoln avant de se faire interrompre.
« Vous cherchez Sara Tancredi ? » dit une voix masculine dans un parfait anglais.
Lincoln acquiesça de la tête tout en étant soulagé de rencontrer un compatriote et se retourna vers la personne sans vraiment la regarder.
« Oui, je l’ai per- »
Mais il s’interrompit soudainement lorsqu’il se rendit compte que la voix de cette personne lui était étrangement familière. Il leva les yeux pour mieux observer cet homme familier avant de reconnaître…
« Sucre ?! »
Le concerné hocha brièvement la tête.
« En personne, Lincoln. »
Le dit Lincoln lui donna une tape amicale dans le dos, ce qui n’eut pour effet que de faire grimacer le portoricain, et ce fut à ce moment-là qu’il remarqua le long bandage blanc qui entourait son épaule gauche.
« Que t’est-il arriver ? » demanda alors Lincoln en fronçant légèrement des sourcils.
« Disons qu’un certain T-Bag est passé par là… » répondit Sucre en grimaçant de nouveau, puis l’air inquiet, il questionna « Où est Michael ? »
A peine cette question posée, Sucre s’aperçut de l’état actuel de Lincoln. Il semblait abattu, désespéré. Les yeux de celui qu’on appelait « Linc the Sink » étaient emplis d’inquiétude même s’il tentait de le cacher à cause de sa fierté.
Cela rappelait au portoricain le jour de l’émeute à Fox River, il sentait encore sa main attraper son cou en le menaçant de son autre. C’était là qu’il avait vraiment su les liens que les deux frères entretenaient. Un lien incassable, indivisible. Des frères qui se protégeaient entre eux, des frères unis devant l’adversité.
Il n’avait jamais connu ce genre de relation auparavant jusqu’à ce que Michael ne le sorte de cette rivière et qu’il lui rende lui-même l’appareil en le sauvant du Coyote et sa bande. Seulement, il n’avait pas considéré cette action comme un service à rendre mais comme une action tout à fait normale. Une action qu’on faisait aux gens qu’on aimait. A ceux qu’on considérait comme appartenant à sa famille.
Et c’était pourquoi le jeune homme était inquiet pour Michael en ce moment même et le fait de trouver Lincoln seul ne lui présageait rien de bon.
« Je ne sais pas où il se trouve, » déclara Lincoln presque en criant de désespoir. « Je l’ai vu embarqué par les flics dans une camionnette. Je ne sais même pas ce qui lui est arrivé pour qu’il en arrive là. Il faut que je trouve Sara. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’elle est en danger. J’ai l’impression que cette histoire de Compagnie n’est pas près de se terminer même si ça en a l’air. »
« Tu veux dire qu’ils ont embarqué Michael ? » fut tout ce que pu dire Sucre abasourdi à l’idée que son ami et ex-codétenu se fasse enfermé de nouveau. « Il est en prison ? »
« Je pense. Il faut que je le fasse sortir d’ici au plus vite. Les prisons d’Amérique Centrale ne me disent rien de bon. »
« Je vais t’aider, » annonça Sucre déterminé.
« Que fais-tu de Maricruz ? » demanda alors Lincoln.
Le jeune homme leva un regard surpris vers lui. Il ne s’attendait pas à cette question. Pourtant le visage de sa bien-aimée flottait toujours dans son esprit.
« Comment es-tu au courant ? »
« Disons que Michael me l’a dit. Bellick la retient quelque part ? »
Sucre baissa la tête tout en murmurant :
« Ce salopard retient Maricruz et ma tante. Cela fait une semaine. J’ai peur pour Mary et notre bébé. »
Il sentit une tape amicale sur son épaule encore valide.
« On va la retrouver comme on va retrouver Michael et Sara. »
Lorsque le jeune homme releva le regard vers lui, il eut l’impression de revoir le regard de Michael dans les yeux de son frère.
« On a embarqué Bellick aussi, » se rappela Sucre. « Peut-être que lui et Michael sont dans la même prison ? Même si ce n’est pas le cas, je vais t’aider. »
Le jeune portoricain amorçait une action pour se diriger vers la sortie de l’hôpital suivi de près par Lincoln lorsqu’une infirmière l’interpella en espagnol :
« Señor Gonzalez ! Vous n’êtes pas encore en état de sortir de l’hôpital ! Vous avez perdu beaucoup de sang, et certes, l’hémorragie s’est arrêtée mais il vous faut prendre quelques jours de repos pour que votre plaie soit totalement guérie. On vous a déjà retrouver dans un état déplorable il y a de cela quelques heures, je ne veux pas vous retrouver dans le même état ! »
Sucre ne fit que l’ignorer et sortit de l’hôpital en se retournant vers Lincoln.
« Peut-être que nous devrions nous rendre au poste de police pour nous renseigner ? »
-:-
La nuit était tombée. Il pleuvait des cordes.
Une sombre forteresse s’élevait en haut d’une colline surplombant un petit village du nom de Sona.
Michael avait changé de pick-up contre un minibus où il termina son voyage jusqu’à la sinistre prison. Le minibus s’arrêta devant le bâtiment puis on le fit sortir du véhicule. Le gardien lui enleva ses menottes, puis un mouvement extérieur attira alors l’oeil du jeune homme.
Un autre minibus était arrivé. Et un homme en sortit. Pas n’importe lequel.
Alexander Mahone. Son ennemi. Ou plutôt devrait-on dire son ex-ennemi à présent.
Les deux hommes échangèrent un long regard tout en sachant que l’un et l’autre auraient à faire face à des problèmes plus importants que leur querelle.
Le gardien le conduit jusqu’à la porte du pénitencier au dessus de laquelle Michael pu lire : « Pénitenciaria Federal de Sona ».
Il ne su pourquoi mais le fait de lire cette inscription provoqua un infime frisson le long de sa colonne vertébrale. Il avait un temps soit peu étudié le système pénitencier du Panama – toujours prévoir les imprévus – et savait qu’il n’était en rien égal à celui des Etats-Unis. Fox River pouvait être considérée comme étant un hôtel cinq étoiles à côté de Sona. Il savait également que les prisons d’Amérique Latine n’étaient pas des plus tendres envers leurs détenus.
Il fut interrompu dans ses pensées lorsque le gardien ouvrit la porte du pénitencier sans y entrer pour autant.
« C’est ici que mon chemin s’arrête, » déclara-t-il alors.
Michael se tourna vers lui, l’air impassible mais des questions fusant déjà dans son esprit rétroactif. Quelle était cette étrange prison qui ne ressemblait en rien à d’autres ? Une atmosphère singulière s’y dégageait. Il détourna son regard pour le poser vers ce qui l’attendait, et finit par entrer dans le bâtiment.
Un ange était entré en Enfer.
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