Classé dans : : Fanfictions
Une lumière au bout du tunnel…
… Do you want to be my savior ?
Fond sonore : From yesterday / The story by 30 Seconds To Mars.
DEUXIEME CHAPITRE : Soit le bienvenu en Enfer… Bienvenido a Infierno
Cela faisait quelques minutes que Michael se trouvait à la prison de Sona. Pourtant, selon lui, cela lui semblait déjà une éternité.
Le temps paressait s’étirer sans fin, à l’infini.
A mesure qu’il avançait lentement dans l’enceinte du pénitencier, son visage se fermait progressivement à tous sentiments et à toutes émotions. En prison, montrer ce que l’on ressentait à quiconque était un signe de faiblesse, d’infériorité par rapport à la personne devant soit, et ça, le jeune homme le savait depuis longtemps.
Peu à peu, l’ange devenait froid, presque indifférent aux évènements extérieurs.
Seulement, à l’intérieur, cet ange souffrait de toute la douleur, de toute la souffrance qui régnait en ces sombres lieux.
Michael continuait de marcher sans aucun but précis. Marcher l’aidait à oublier l’Enfer dans lequel il vivait à présent. Marcher l’aidait à ne pas penser à ceux qu’il avait abandonnés derrière lui.
Son frère. Mais surtout elle.
Celle dont il ne se serait jamais douté qu’il en tomberait amoureux.
Celle pour qui, il donnerait sa vie et se sacrifierait tout comme il s’était sacrifié pour Lincoln.
Et il l’avait fait. Ses derniers mots prononcés à elle étaient encore profondément ancrés dans son esprit :
« Tu as tout sacrifié pour moi une fois, maintenant, c’est à mon tour de te remercier… »
Le jeune homme ferma brièvement les paupières pour retenir les quelques larmes qui menaçaient de fleurir à ses yeux. Songer à elle lui faisait automatiquement revoir – malgré lui – les moments qu’ils avaient partagés ensemble.
Il tenta de chasser ces pensées de sa tête tout en se disant qu’elle serait sûrement plus en sécurité sans lui, sans sa présence, sans ses problèmes. Elle allait certainement pouvoir recommencer sa vie. Dans le fond, peut-être était-il mieux pour eux qu’ils n’aillent pas plus loin. Il l’avait déjà faite assez souffert par le passé, et il n’y avait aucune raison que cela recommence de nouveau.
Alors, il s’était sacrifié pour elle. Afin de la protéger. Afin qu’elle ne paye plus de ses erreurs.
C’est alors qu’il pensa à son frère. Lincoln.
« Je ne vais pas te laisser faire ça, Michael. »
Tels auraient été les mots de son frère s’il avait été au courant de ce qu’il avait fait.
Et tels avaient été les mots de son frère une semaine auparavant alors que Michael avait voulu se sacrifier pour lui et pour elle lors du marché qu’il avait fait avec Henry.
« Si jamais quelque chose arrivait… Je vous aime tous les deux… »
Michael ferma une nouvelle fois les yeux. Il devait enfouir ses souvenirs au plus profond de son esprit. Il devait focaliser son esprit sur autre chose, y penser était trop douloureux pour lui. Mais il n’arrivait pas à s’en empêcher. Il ne pouvait tout simplement pas. Se forcer à ne pas songer aux personnes qu’il aimait revenait à lui arracher le cœur, à lui faire perdre sa seule raison de vivre. Eux.
Néanmoins, il se devait de ne pas y penser. Pour sa survie. Ici. Dans cet Enfer.
Doucement, l’ange s’infligeait une torture mentale à son esprit.
Et il poursuivait son chemin parmi ces dédales, observait, étudiait les alentours de cet étrange endroit. Un lieu où la souffrance et la misère régnaient en maîtres, mais un lieu qui abritait également les pires criminels du Panama, et peut-être même au-delà des frontières. Tandis qu’il avançait à présent dans un couloir interminable, il sentait les regards appuyés et curieux des autres détenus, sans doute à cause du fait de voir un « nouveau visage » apparaître. Cependant, il semblait y avoir une autre raison à cela.
Le visage sans expression, Michael scrutait alors les environs. Les murs du pénitencier étaient recouverts de graffitis, pour la plupart sans significations particulières pour des observateurs extérieurs, d’autres étaient manifestement des signes d’apparence religieuse.
Au bout d’un instant, il lui parut apercevoir un visage familier parmi tous ces criminels. La dite personne presque totalement nue était allongée à même le sol et avait plusieurs hématomes à divers endroits du corps. Pourtant, même avec ces blessures, Michael reconnu immédiatement cet homme.
Bellick.
Cette vue provoqua en lui un étrange mélange de sentiments tout aussi contradictoires les uns que les autres. Il ne savait que ressentir. Eprouvait-il de la pitié, de la compassion envers l’ancien officier correctionnel de Fox River ? Ou était-ce encore un sentiment de satisfaction, de contentement à l’état dans lequel se trouvait l’ex-officier ?
Quoi qu’il puisse éprouver en ce moment même, son visage restait hermétiquement fermé et aucune émotion n’y transparaissait.
Lorsqu’il leva les yeux, Michael vit un homme d’une assez forte ossature le fixer d’un air provocateur. Il était vraisemblablement le « maître » de Bellick.
Ce fut alors la première fois que le jeune homme ressentait de la peur en ce sinistre lieu. Il ne savait rien de cet endroit, rien de ces murs, mis à part que c’était une prison. Cependant, les règles d’une prison normale ne semblaient pas être appliquées ici.
Pour se donner une once de courage, le jeune homme poursuivit sa marche vers une lumière blanche et inquiétante, vers ce qui semblait être une porte menant vers l’extérieur d’où il pouvait entendre des clameurs.
Michael s’arrêta devant cette embrasure, puis tourna sa tête vers le couloir qu’il avait traversé. Ce qui l’attendait sous cette pluie battante ne pouvait pas être pire que ce qu’il venait d’apercevoir.
Il soupira de manière inaudible. Il ne savait pas ce qui allait lui arriver dans cette prison, ni si allait en ressortir indemne. Tout ce qu’il pouvait savoir était qu’il ne devait se montrer faible en aucun cas.
Il reposa son regard vers l’extérieur, repensa une dernière fois aux personnes qu’il aimait le plus au monde, avant d’avancer avec détermination sous la pluie.
L’ange venait d’entrer dans l’antre du diable.
-:-
A quelques kilomètres de là, Sara errait distraitement sur une plage. Il faisait nuit et le ciel était découvert laissant ainsi apercevoir des milliers d’étoiles scintillantes, mais ce n’était pas ce que la jeune femme observait en ce moment même. Elle songeait aux évènements précédents. Elle songeait à ce qu’elle avait fait bien plus tôt dans la journée. Mais elle songeait aussi en particulier à lui.
Elle n’arrivait pas à croire qu’il s’était sacrifié pour elle tout comme il l’avait fait pour son frère Lincoln. D’ailleurs, elle se demandait où Lincoln pouvait être tout en espérant qu’il ait réussi à échapper aux policiers.
Comment en étaient-ils arrivés là ? Tout avait été si parfait quelques heures auparavant.
Ce bonheur éphémère. Cette joie de retrouver la personne qu’on aimait le plus. Tout ceci, pour finir ainsi ?
Il n’avait pas le droit de se sacrifier pour elle. Elle seule, était la coupable. Elle ne méritait pas ce sacrifice.
Elle avait tué un homme. Elle avait tué un homme. De ses propres mains.
Pourquoi fallait-il qu’il soit toujours un sauveur ? Pouvait-il penser à lui-même avant de penser aux autres une seule fois ?
Sara était en colère, non pas contre lui, mais plutôt elle-même. Si elle n’avait pas été là, Michael ne serait pas en prison à l’heure qu’il est. Il n’aurait pas eu à se sacrifier pour elle.
La jeune femme soupira en réprimant quelques larmes, puis décida d’appeler Bruce, l’ami de son défunt père, ce dernier pourrait certainement les aider à se sortir de cette situation infernale. Elle n’allait pas laisser Michael se sacrifier plus longtemps pour elle, elle allait trouver une solution pour le faire sortir de là.
« Allô Bruce ? » appela-t-elle.
« Miss Tancredi ? » dit une voix qui lui était inconnue.
« Oh mon dieu… » murmura Sara hors du combiné.
Quelque chose était sûrement arrivée à l’ami de son père. Quelque chose de terrible. Elle ne connaissait pas cette voix
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d’un ton plus assuré. « Qu’avez-vous fait à Bruce ? »
« Vous posez bien trop de question Miss Tancredi, » répondit la voix masculine. « J’ai le regret de vous annoncer que l’ami de votre défunt père est décédé d’une crise cardiaque. »
Il fallut quelques minutes à la jeune femme pour assimiler cette nouvelle. Lorsqu’elle se rendit compte de la situation, elle retint un sanglot étouffé. Bruce était mort. Cette histoire de Compagnie ne prenait donc aucune fin ?
« Qui êtes-vous ? » répéta-t-elle. « Vous êtes de la Compagnie ? C’est ça ? Vous ne pensez pas avoir enlevé assez de vies pour en faire mourir d’autres ? Qui êtes-vous ? »
« Vous le saurez bien assez tôt, » fut tout ce que répliqua la voix.
Mais à peine eut-il raccroché que Sara ressentit une atroce douleur à la tête avant de s’effondrer lentement dans les ténèbres.
-:-
« J’y vais, » déclara Sucre résolu.
« Tu es fou Sucre ? » répliqua Lincoln. « Tu es un fugitif. Je suis sûr que le FBI a envoyé des photos des fugitifs à tous les postes de police d’Amérique Centrale. Ils vont te reconnaître et tu finiras en prison ! »
« Je vais aider Papi tout comme il m’a aidé, » répondit le jeune portoricain avec entêtement. « Je vais avec toi au poste de police. »
« Et bien tu ne vas pas beaucoup aider Michael si tu es renvoyé aux Etats-Unis, » marmonna Lincoln. « Il n’y a pas moyens, j’y vais seul et tu restes dehors à m’attendre sans bouger. »
Sucre grommela quelques mots en espagnol, puis s’éloigna de Lincoln et s’assit sur un banc en croisant les bras. Levant les yeux au ciel devant cette attitude totalement puérile, Lincoln entra dans le bâtiment. Il chercha des yeux une personne non occupée, et s’approcha de celle-ci.
« Excusez-moi Señora ? » interpella-t-il poliment.
« ¿ Si Señor ? » dit la jeune femme sans lever toutefois les yeux de son dossier.
Lincoln se racla légèrement la gorge afin d’attirer son attention lorsqu’elle leva enfin des yeux étonnés.
« N’êtes-vous pas la personne qui cherchait Miss Tancredi ? » demanda-t-elle alors en anglais.
Surpris, le jeune homme dévisagea l’officier de police et finit par la reconnaître. C’était la personne auprès de qui il s’était renseigné un peu plus tôt dans la journée.
« Euh, oui, c’est bien moi, » répondit-il. « Je l’ai cherché toute l’après-midi sans la trouver et… »
« Laissez-lui un peu du temps, » la coupa l’hispanique. « Elle vient de se faire prendre en otage. Il n’est pas étonnant qu’elle ait besoin d’un peu de temps pour se remettre de ses émotions. Je suis sûre qu’elle va bientôt réapparaître, ce n’est qu’une question de temps… »
« Pardon ? » commença Lincoln. « Vous avez dit qu’elle vient de se faire prendre en otage ? Comment ça ? »
Il voyait par là un moyen de savoir où Michael avait été enfermé. Mais il ne comprenait pas pourquoi son jeune frère avait pris Sara en otage. Quelle idée avait-il donc eu derrière la tête ?
« Oui, » dit la policière. « Quelqu’un l’avait prise en otage… Un jeune américain … Il a tué un homme d’origine asiatique avant de prendre en otage Miss Tancredi, puis il s’est rendu… »
« Vous l’avez envoyé en prison ? » questionna-t-il sans tarder.
« Si… Pardon, oui. Il a été envoyé dans le pénitencier fédéral de Sona. »
La jeune femme leva alors des yeux suspicieux vers Lincoln.
« Le connaîtriez-vous ? » demanda-t-elle d’un air soupçonneux. « Nos équipes ont poursuivis un autre homme également après le meurtre mais il nous a échappé et je me demandais si- »
« Je ne le connais pas, » dit Lincoln malgré la difficulté de prononcer cette phrase.
Si Michael était vraiment en prison, mieux valait se trouver à l’extérieur pour l’en faire sortir. Du moins pour le moment. Il ne pouvait pas y entrer sans aucune préparation, il ne connaissait rien de cette prison. Mais il n’allait pas non plus le laisser seul dans cet Enfer.
La policière le fixa un instant avec méfiance, puis dit :
« Bien. Maintenant, vous m’excuserez Señor, mais je dois m’occuper de la paperasse… »
« Oui, merci de vos renseignements… »
Lincoln sortit du poste de police en ayant l’impression de ne pas avoir bougé d’un pouce dans ses recherches. Pourtant, il savait désormais où Michael se trouvait, il ne restait plus qu’à le faire sortir de là…
Il allait rejoindre Sucre lorsqu’il s’aperçut que ce dernier n’était plus assit sur le banc.
Le portoricain avait disparu.
-:-
La pluie et les cris faisaient rage dans la petite cour du pénitencier de Sona. Une centaine de personnes semblaient entourer ce qui ressemblait à une arène de combat. Ces personnes poussaient des cris de joie et des acclamations envers celui qui avait le dessus.
Au milieu de toutes ces personnes, Michael arborait une mine impassible, pourtant à l’intérieur, la terreur prenait de plus en plus place dans son esprit. Horrifié, le jeune homme observait le combat qui se déroulait devant ses yeux lorsqu’il lui sembla reconnaître la personne qui perdait.
Mahone.
-:-
Alexandre luttait tant bien que mal contre son adversaire qui était vraisemblablement dix fois plus baraqué que lui. Des bleus parcouraient son visage et sa lèvre était en sang, bien que ce n’était pas à quoi il faisait attention. Il se battait. Il ne savait pas pour quelle raison exactement. Il se battait pour garder sa vie, pour qu’on la lui rende. Il se battait pour sa survie. Il se battait pour revoir les visages de Pam et de Cameron.
Il avait aperçu Scofield un peu plus tôt à l’extérieur de la prison et se demandait pourquoi ce dernier était là. Cependant, en ce moment même, Scofield était le dernier de ses soucis.
Alors qu’il évitait un coup de pied de son adversaire, il ne vit pas son poing arriver et le reçu en plein sur le visage, ce qui eut pour effet de le faire basculer à terre. Alex n’eut aucunement le temps de se relever puisque l’autre homme l’assona alors de coups de poing et de pied sur toutes les parties du corps qu’il pouvait atteindre. L’ex-agent du FBI tentait de retenir ces coups en se protégeant de ses bras mais y parvint difficilement.
Après un moment, son adversaire sembla décider qu’il était temps de mettre fin au combat. Il retenait Alex de ses deux jambes et s’apprêtait à lui donner le coup de grâce en lui brisant la nuque, mais un évènement extérieur l’en empêcha. L’homme costaud venait d’être bousculé brusquement par quelqu’un.
Alexandre leva les yeux vers son « sauveur » et l’aperçu se tenant face à lui.
Michael Scofield.
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Michael échangea un long regard avec Mahone. Il ne savait pourquoi, ni pour quelle raison il avait sauvé celui qu’il l’avait poursuivi et avait voulu le tuer ces dernières semaines. Etait-ce encore son instinct de sauveur qui avait pris le dessus ?
Les deux hommes coupèrent rapidement le contact visuel lorsqu’ils remarquèrent que les alentours étaient silencieux. Tous les autres détenus s’étaient arrêtés de crier et regardaient, à présent, Michael d’un air à la fois surpris et furieux.
Cela dura ainsi pendant une dizaine de minutes quand l’adversaire de Mahone se releva et déclara haineusement au jeune homme :
« Acabas de cometer una seria error El americano ! No has respetido las reglas, entonces prepararte para pagarlo muy caro !*»
Cette dernière phrase provoqua une huée parmi tous les autres prisonniers et quelques uns de ceux qui étaient au premier rang s’avancèrent dangereusement vers les deux américains. Michael jeta un regard à Mahone, puis dans un hochement de tête, ils se mirent dos à dos face à leurs adversaires.
« Bienvenido a Sona, Ángelito… »
A suivre…
* Traduction : « Tu viens de commettre une grave erreur El americano ! Tu n’as pas respecté les règles, alors prépares-toi à le payer très cher ! »
NdA : Un grand merci à JP pour sa bêta-lecture ^^
3 commentaires jusqu'à présent
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Ping par b0LSh0I b00ZE’s Swan 20 avril, 2007 @ 7:09génialissime, bravo tellement bien raconté qu’on s’y croirait! good!!!
Commentaire par Jousie2022 25 avril, 2007 @ 3:51M’ciiiiiiiiiiiii jousie ^^
Commentaire par K@te 27 avril, 2007 @ 6:06