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Une lumière au bout du tunnel… Deuxième Chapitre
20 avril, 2007, 7:03
Classé dans : : Fanfictions

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Une lumière au bout du tunnel…
… Do you want to be my savior ?

Fond sonore : From yesterday / The story by 30 Seconds To Mars.

DEUXIEME CHAPITRE : Soit le bienvenu en Enfer… Bienvenido a Infierno

Cela faisait quelques minutes que Michael se trouvait à la prison de Sona. Pourtant, selon lui, cela lui semblait déjà une éternité.
Le temps paressait s’étirer sans fin, à l’infini.
A mesure qu’il avançait lentement dans l’enceinte du pénitencier, son visage se fermait progressivement à tous sentiments et à toutes émotions. En prison, montrer ce que l’on ressentait à quiconque était un signe de faiblesse, d’infériorité par rapport à la personne devant soit, et ça, le jeune homme le savait depuis longtemps.
Peu à peu, l’ange devenait froid, presque indifférent aux évènements extérieurs.
Seulement, à l’intérieur, cet ange souffrait de toute la douleur, de toute la souffrance qui régnait en ces sombres lieux.
Michael continuait de marcher sans aucun but précis. Marcher l’aidait à oublier l’Enfer dans lequel il vivait à présent. Marcher l’aidait à ne pas penser à ceux qu’il avait abandonnés derrière lui.
Son frère. Mais surtout elle.
Celle dont il ne se serait jamais douté qu’il en tomberait amoureux.
Celle pour qui, il donnerait sa vie et se sacrifierait tout comme il s’était sacrifié pour Lincoln.
Et il l’avait fait. Ses derniers mots prononcés à elle étaient encore profondément ancrés dans son esprit :
« Tu as tout sacrifié pour moi une fois, maintenant, c’est à mon tour de te remercier… »
Le jeune homme ferma brièvement les paupières pour retenir les quelques larmes qui menaçaient de fleurir à ses yeux. Songer à elle lui faisait automatiquement revoir – malgré lui – les moments qu’ils avaient partagés ensemble.
Il tenta de chasser ces pensées de sa tête tout en se disant qu’elle serait sûrement plus en sécurité sans lui, sans sa présence, sans ses problèmes. Elle allait certainement pouvoir recommencer sa vie. Dans le fond, peut-être était-il mieux pour eux qu’ils n’aillent pas plus loin. Il l’avait déjà faite assez souffert par le passé, et il n’y avait aucune raison que cela recommence de nouveau.
Alors, il s’était sacrifié pour elle. Afin de la protéger. Afin qu’elle ne paye plus de ses erreurs.
C’est alors qu’il pensa à son frère. Lincoln.
« Je ne vais pas te laisser faire ça, Michael. »
Tels auraient été les mots de son frère s’il avait été au courant de ce qu’il avait fait.
Et tels avaient été les mots de son frère une semaine auparavant alors que Michael avait voulu se sacrifier pour lui et pour elle lors du marché qu’il avait fait avec Henry.
« Si jamais quelque chose arrivait… Je vous aime tous les deux… »
Michael ferma une nouvelle fois les yeux. Il devait enfouir ses souvenirs au plus profond de son esprit. Il devait focaliser son esprit sur autre chose, y penser était trop douloureux pour lui. Mais il n’arrivait pas à s’en empêcher. Il ne pouvait tout simplement pas. Se forcer à ne pas songer aux personnes qu’il aimait revenait à lui arracher le cœur, à lui faire perdre sa seule raison de vivre. Eux.
Néanmoins, il se devait de ne pas y penser. Pour sa survie. Ici. Dans cet Enfer.
Doucement, l’ange s’infligeait une torture mentale à son esprit.
Et il poursuivait son chemin parmi ces dédales, observait, étudiait les alentours de cet étrange endroit. Un lieu où la souffrance et la misère régnaient en maîtres, mais un lieu qui abritait également les pires criminels du Panama, et peut-être même au-delà des frontières. Tandis qu’il avançait à présent dans un couloir interminable, il sentait les regards appuyés et curieux des autres détenus, sans doute à cause du fait de voir un « nouveau visage » apparaître. Cependant, il semblait y avoir une autre raison à cela.
Le visage sans expression, Michael scrutait alors les environs. Les murs du pénitencier étaient recouverts de graffitis, pour la plupart sans significations particulières pour des observateurs extérieurs, d’autres étaient manifestement des signes d’apparence religieuse.
Au bout d’un instant, il lui parut apercevoir un visage familier parmi tous ces criminels. La dite personne presque totalement nue était allongée à même le sol et avait plusieurs hématomes à divers endroits du corps. Pourtant, même avec ces blessures, Michael reconnu immédiatement cet homme.
Bellick.
Cette vue provoqua en lui un étrange mélange de sentiments tout aussi contradictoires les uns que les autres. Il ne savait que ressentir. Eprouvait-il de la pitié, de la compassion envers l’ancien officier correctionnel de Fox River ? Ou était-ce encore un sentiment de satisfaction, de contentement à l’état dans lequel se trouvait l’ex-officier ?
Quoi qu’il puisse éprouver en ce moment même, son visage restait hermétiquement fermé et aucune émotion n’y transparaissait.
Lorsqu’il leva les yeux, Michael vit un homme d’une assez forte ossature le fixer d’un air provocateur. Il était vraisemblablement le « maître » de Bellick.
Ce fut alors la première fois que le jeune homme ressentait de la peur en ce sinistre lieu. Il ne savait rien de cet endroit, rien de ces murs, mis à part que c’était une prison. Cependant, les règles d’une prison normale ne semblaient pas être appliquées ici.
Pour se donner une once de courage, le jeune homme poursuivit sa marche vers une lumière blanche et inquiétante, vers ce qui semblait être une porte menant vers l’extérieur d’où il pouvait entendre des clameurs.
Michael s’arrêta devant cette embrasure, puis tourna sa tête vers le couloir qu’il avait traversé. Ce qui l’attendait sous cette pluie battante ne pouvait pas être pire que ce qu’il venait d’apercevoir.
Il soupira de manière inaudible. Il ne savait pas ce qui allait lui arriver dans cette prison, ni si allait en ressortir indemne. Tout ce qu’il pouvait savoir était qu’il ne devait se montrer faible en aucun cas.
Il reposa son regard vers l’extérieur, repensa une dernière fois aux personnes qu’il aimait le plus au monde, avant d’avancer avec détermination sous la pluie.
L’ange venait d’entrer dans l’antre du diable.

-:-

A quelques kilomètres de là, Sara errait distraitement sur une plage. Il faisait nuit et le ciel était découvert laissant ainsi apercevoir des milliers d’étoiles scintillantes, mais ce n’était pas ce que la jeune femme observait en ce moment même. Elle songeait aux évènements précédents. Elle songeait à ce qu’elle avait fait bien plus tôt dans la journée. Mais elle songeait aussi en particulier à lui.
Elle n’arrivait pas à croire qu’il s’était sacrifié pour elle tout comme il l’avait fait pour son frère Lincoln. D’ailleurs, elle se demandait où Lincoln pouvait être tout en espérant qu’il ait réussi à échapper aux policiers.
Comment en étaient-ils arrivés là ? Tout avait été si parfait quelques heures auparavant.
Ce bonheur éphémère. Cette joie de retrouver la personne qu’on aimait le plus. Tout ceci, pour finir ainsi ?
Il n’avait pas le droit de se sacrifier pour elle. Elle seule, était la coupable. Elle ne méritait pas ce sacrifice.
Elle avait tué un homme. Elle avait tué un homme. De ses propres mains.
Pourquoi fallait-il qu’il soit toujours un sauveur ? Pouvait-il penser à lui-même avant de penser aux autres une seule fois ?
Sara était en colère, non pas contre lui, mais plutôt elle-même. Si elle n’avait pas été là, Michael ne serait pas en prison à l’heure qu’il est. Il n’aurait pas eu à se sacrifier pour elle.
La jeune femme soupira en réprimant quelques larmes, puis décida d’appeler Bruce, l’ami de son défunt père, ce dernier pourrait certainement les aider à se sortir de cette situation infernale. Elle n’allait pas laisser Michael se sacrifier plus longtemps pour elle, elle allait trouver une solution pour le faire sortir de là.
« Allô Bruce ? » appela-t-elle.
« Miss Tancredi ? » dit une voix qui lui était inconnue.
« Oh mon dieu… » murmura Sara hors du combiné.
Quelque chose était sûrement arrivée à l’ami de son père. Quelque chose de terrible. Elle ne connaissait pas cette voix
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d’un ton plus assuré. « Qu’avez-vous fait à Bruce ? »
« Vous posez bien trop de question Miss Tancredi, » répondit la voix masculine. « J’ai le regret de vous annoncer que l’ami de votre défunt père est décédé d’une crise cardiaque. »
Il fallut quelques minutes à la jeune femme pour assimiler cette nouvelle. Lorsqu’elle se rendit compte de la situation, elle retint un sanglot étouffé. Bruce était mort. Cette histoire de Compagnie ne prenait donc aucune fin ?
« Qui êtes-vous ? » répéta-t-elle. « Vous êtes de la Compagnie ? C’est ça ? Vous ne pensez pas avoir enlevé assez de vies pour en faire mourir d’autres ? Qui êtes-vous ? »
« Vous le saurez bien assez tôt, » fut tout ce que répliqua la voix.
Mais à peine eut-il raccroché que Sara ressentit une atroce douleur à la tête avant de s’effondrer lentement dans les ténèbres.

-:-

« J’y vais, » déclara Sucre résolu.
« Tu es fou Sucre ? » répliqua Lincoln. « Tu es un fugitif. Je suis sûr que le FBI a envoyé des photos des fugitifs à tous les postes de police d’Amérique Centrale. Ils vont te reconnaître et tu finiras en prison ! »
« Je vais aider Papi tout comme il m’a aidé, » répondit le jeune portoricain avec entêtement. « Je vais avec toi au poste de police. »
« Et bien tu ne vas pas beaucoup aider Michael si tu es renvoyé aux Etats-Unis, » marmonna Lincoln. « Il n’y a pas moyens, j’y vais seul et tu restes dehors à m’attendre sans bouger. »
Sucre grommela quelques mots en espagnol, puis s’éloigna de Lincoln et s’assit sur un banc en croisant les bras. Levant les yeux au ciel devant cette attitude totalement puérile, Lincoln entra dans le bâtiment. Il chercha des yeux une personne non occupée, et s’approcha de celle-ci.
« Excusez-moi Señora ? » interpella-t-il poliment.
« ¿ Si Señor ? » dit la jeune femme sans lever toutefois les yeux de son dossier.
Lincoln se racla légèrement la gorge afin d’attirer son attention lorsqu’elle leva enfin des yeux étonnés.
« N’êtes-vous pas la personne qui cherchait Miss Tancredi ? » demanda-t-elle alors en anglais.
Surpris, le jeune homme dévisagea l’officier de police et finit par la reconnaître. C’était la personne auprès de qui il s’était renseigné un peu plus tôt dans la journée.
« Euh, oui, c’est bien moi, » répondit-il. « Je l’ai cherché toute l’après-midi sans la trouver et… »
« Laissez-lui un peu du temps, » la coupa l’hispanique. « Elle vient de se faire prendre en otage. Il n’est pas étonnant qu’elle ait besoin d’un peu de temps pour se remettre de ses émotions. Je suis sûre qu’elle va bientôt réapparaître, ce n’est qu’une question de temps… »
« Pardon ? » commença Lincoln. « Vous avez dit qu’elle vient de se faire prendre en otage ? Comment ça ? »
Il voyait par là un moyen de savoir où Michael avait été enfermé. Mais il ne comprenait pas pourquoi son jeune frère avait pris Sara en otage. Quelle idée avait-il donc eu derrière la tête ?
« Oui, » dit la policière. « Quelqu’un l’avait prise en otage… Un jeune américain … Il a tué un homme d’origine asiatique avant de prendre en otage Miss Tancredi, puis il s’est rendu… »
« Vous l’avez envoyé en prison ? » questionna-t-il sans tarder.
« Si… Pardon, oui. Il a été envoyé dans le pénitencier fédéral de Sona. »
La jeune femme leva alors des yeux suspicieux vers Lincoln.
« Le connaîtriez-vous ? » demanda-t-elle d’un air soupçonneux. « Nos équipes ont poursuivis un autre homme également après le meurtre mais il nous a échappé et je me demandais si- »
« Je ne le connais pas, » dit Lincoln malgré la difficulté de prononcer cette phrase.
Si Michael était vraiment en prison, mieux valait se trouver à l’extérieur pour l’en faire sortir. Du moins pour le moment. Il ne pouvait pas y entrer sans aucune préparation, il ne connaissait rien de cette prison. Mais il n’allait pas non plus le laisser seul dans cet Enfer.
La policière le fixa un instant avec méfiance, puis dit :
« Bien. Maintenant, vous m’excuserez Señor, mais je dois m’occuper de la paperasse… »
« Oui, merci de vos renseignements… »
Lincoln sortit du poste de police en ayant l’impression de ne pas avoir bougé d’un pouce dans ses recherches. Pourtant, il savait désormais où Michael se trouvait, il ne restait plus qu’à le faire sortir de là…
Il allait rejoindre Sucre lorsqu’il s’aperçut que ce dernier n’était plus assit sur le banc.
Le portoricain avait disparu.

-:-

La pluie et les cris faisaient rage dans la petite cour du pénitencier de Sona. Une centaine de personnes semblaient entourer ce qui ressemblait à une arène de combat. Ces personnes poussaient des cris de joie et des acclamations envers celui qui avait le dessus.
Au milieu de toutes ces personnes, Michael arborait une mine impassible, pourtant à l’intérieur, la terreur prenait de plus en plus place dans son esprit. Horrifié, le jeune homme observait le combat qui se déroulait devant ses yeux lorsqu’il lui sembla reconnaître la personne qui perdait.
Mahone.

-:-

Alexandre luttait tant bien que mal contre son adversaire qui était vraisemblablement dix fois plus baraqué que lui. Des bleus parcouraient son visage et sa lèvre était en sang, bien que ce n’était pas à quoi il faisait attention. Il se battait. Il ne savait pas pour quelle raison exactement. Il se battait pour garder sa vie, pour qu’on la lui rende. Il se battait pour sa survie. Il se battait pour revoir les visages de Pam et de Cameron.
Il avait aperçu Scofield un peu plus tôt à l’extérieur de la prison et se demandait pourquoi ce dernier était là. Cependant, en ce moment même, Scofield était le dernier de ses soucis.
Alors qu’il évitait un coup de pied de son adversaire, il ne vit pas son poing arriver et le reçu en plein sur le visage, ce qui eut pour effet de le faire basculer à terre. Alex n’eut aucunement le temps de se relever puisque l’autre homme l’assona alors de coups de poing et de pied sur toutes les parties du corps qu’il pouvait atteindre. L’ex-agent du FBI tentait de retenir ces coups en se protégeant de ses bras mais y parvint difficilement.
Après un moment, son adversaire sembla décider qu’il était temps de mettre fin au combat. Il retenait Alex de ses deux jambes et s’apprêtait à lui donner le coup de grâce en lui brisant la nuque, mais un évènement extérieur l’en empêcha. L’homme costaud venait d’être bousculé brusquement par quelqu’un.
Alexandre leva les yeux vers son « sauveur » et l’aperçu se tenant face à lui.
Michael Scofield.

-:-

Michael échangea un long regard avec Mahone. Il ne savait pourquoi, ni pour quelle raison il avait sauvé celui qu’il l’avait poursuivi et avait voulu le tuer ces dernières semaines. Etait-ce encore son instinct de sauveur qui avait pris le dessus ?
Les deux hommes coupèrent rapidement le contact visuel lorsqu’ils remarquèrent que les alentours étaient silencieux. Tous les autres détenus s’étaient arrêtés de crier et regardaient, à présent, Michael d’un air à la fois surpris et furieux.
Cela dura ainsi pendant une dizaine de minutes quand l’adversaire de Mahone se releva et déclara haineusement au jeune homme :
« Acabas de cometer una seria error El americano ! No has respetido las reglas, entonces prepararte para pagarlo muy caro !*»
Cette dernière phrase provoqua une huée parmi tous les autres prisonniers et quelques uns de ceux qui étaient au premier rang s’avancèrent dangereusement vers les deux américains. Michael jeta un regard à Mahone, puis dans un hochement de tête, ils se mirent dos à dos face à leurs adversaires.
« Bienvenido a Sona, Ángelito… »

A suivre…

* Traduction : « Tu viens de commettre une grave erreur El americano ! Tu n’as pas respecté les règles, alors prépares-toi à le payer très cher ! »

NdA : Un grand merci à JP pour sa bêta-lecture ^^



Une lumière au bout du tunnel… Premier Chapitre
18 avril, 2007, 5:44
Classé dans : : Fanfictions

Une lumière au bout du tunnel... Do you want to be my savior ?NdA : Voilà une histoire que j’ai décidée d’écrire suite à l’épisode final de la saison 2 (donc présence de SPOILERS). Cette fic sera particulièrement centrée sur la psychologie des personnages et aura plusieurs points de vue dont quelques principaux. Le début de cette histoire se situe peu avant la fin de l’épisode Sona 2×22 ;) En espérant que cette fic vous plaira…

Une lumière au bout du tunnel…
… Do you want to be my savior ?

Fond sonore : Savior / A modern myth by 30 Seconds To Mars.

« Les anges d’aujourd’hui, ce sont tous ceux qui s’intéressent aux autres avant de s’intéresser à eux-mêmes. » Wim Wenders

« Le démon du mal est l’un des instincts premiers du coeur humain. » Edgar Allan Poe

« Un démon ? C’est un ange qui a eu des malheurs ; un ange émigré. » Rivarol

PREMIER CHAPITRE : Du Paradis à l’Enfer, il n’y a qu’un pas…

Froid. Michael avait si froid.
Tout ceci n’était en rien du à la température ambiante qui semblait déjà dépasser la barre des quarante et quelques degrés, ni au gilet à manches longues qu’il portait malgré cette étouffante chaleur.
Il était glacé de l’intérieur. Il était glacé au plus profond de son coeur.
Il se sentait vide. Il se sentait las et brisé au plus profond de son âme.
Il savait qu’il n’allait plus les revoir, qu’il n’allait plus la revoir. Elle.
Il avait cru s’être fait à l’idée de ne plus les revoir. Mais pas eux. Pas elle.
Et son frère. Qu’allait-il penser ? Il allait probablement lui en vouloir. A lui seul. Lui en vouloir d’être tout simplement ce qu’il était. De ne pas accorder plus d’attention à lui-même.
Mais pouvait-il s’en empêcher vraiment ? C’était dans sa nature, et personne ne pouvait rien y faire. Du moins en apparence.
Lorsqu’on le fit embarquer dans un pick-up pour l’emmener à sa destination finale – en Enfer – il avait compris que toutes les espérances qu’il avait eues de vivre une vie heureuse en compagnie de ses êtres aimés allaient rester vaines. Il n’y avait plus aucune échappatoire.
Peut-être le méritait-il dans le fond ? Il méritait d’être enfermé quoi que disent certaines personnes. Tant de personnes avaient disparues par sa faute, tant de vies avaient été gâchées par ses seules actions.
Il sourit légèrement à la pensée que Lincoln désapprouverait sûrement qu’il prenne toutes ces responsabilités sur lui. Lincoln. Celui pour lequel, il avait tout sacrifié et dont il ne regretterait jamais ce sacrifice.
Grâce à lui, il avait rencontré un ange. Elle.
« Michael ! MICHAEL ! MICHAEL ! »
Il leva le regard vers la personne qui l’observait d’un air à la fois abasourdi, à la fois désespéré.
Son frère.
Ce dernier courrait tant bien que mal derrière le véhicule.
« Michael ! » continuait Lincoln d’appeler.
Le jeune homme ne pu retenir quelques larmes en repensant à ses vaines espérances d’une vie empli de bonheur, mais les effaça rapidement d’un geste de la main. Son frère était libre et vivant, c’était tout ce qui comptait et c’était tout ce qui avait jamais compté pour lui.
Non, c’était faux. Il y avait elle également.
Au bout d’un moment, le véhicule s’arrêta à un feu et son frère pu enfin s’approcher de lui et de la grille qui les séparait.
« Mon Dieu. Michael, que se passe-t-il ? Pourquoi t’embarquent-ils ? Ne me dis pas que tu retournes en prison ! Je ne les laisserai pas faire ! Michael, réponds-moi ! »
L’interpellé ne pu que sourire faiblement sans toutefois oser regarder son frère dans les yeux. Il n’en avait pas la force. Il n’avait pas la force, ni le courage de voir le regard empli d’émotions de son frère.
Alors, tout en réprimant ses larmes, il dit d’une voix dont il essaya de contrôler les tremblements :
« Je suis désolé Linc. Dis juste- dis juste à Sara de ne pas m’en vouloir. Ne m’en veux pas. Je vous aime tous les deux. Linc- promets-moi juste de prendre soin de Sara. Je suis désolé. Je vous aime. »
Ce fut sur ces mots que le pick-up redémarra, emportant ainsi un ange dans sa lente descente aux Enfers, et abandonnant un frère ayant perdu presque tout espoir.
Mais un frère qui était tout autant déterminé à ne pas le laisser dans cet Enfer seul.

-:-

« Sara ! SARA ! » appelait Lincoln au milieu d’une foule de passants.
Il n’allait pas faillir à la promesse de son frère. Il allait retrouver Sara et il allait également le faire sortir de cet Enfer.
Il allait faire sortir son petit frère de là quoi qu’il lui en coûte. Il voulait également savoir ce qu’il leur était vraiment arrivé.
Au bout d’un moment, il s’aperçut que crier ne servait à rien. Sara avait disparu.
Il prit alors la décision d’approfondir ses recherches. Elle était là quelque part. Il avait besoin de se renseigner. Seulement ses tentatives se révélèrent comme étant un total échec, personne n’avait aperçu de « jeune femme brune, américaine, chemisier blanc, jean bleu ».
Peut-être était-elle blessée ? En dernier recours, il se dirigea vers l’hôpital le plus proche. Un hôpital de fortune à vrai dire. Plusieurs personnes à l’allure très modeste attendaient dans la salle d’attente de l’accueil. Toutes étaient dans un état déplorable.
Ne trouvant pas Sara des yeux, il s’informa à l’accueil :
« Excusez-moi ? Habla inglés ? »
La jeune femme de l’accueil hocha la tête et lui adressa un sourire d’excuse avant de dire :
« Navrée Señor mais pour une consultation il faut faire la queue comme tout le monde. »
« Ce n’est pas pour consultation. Je cherche une amie. Nous étions en vacances ici à Panama City mais nous nous sommes perdus de vue. C’est une jeune femme brune américaine, portant un chemisier blanc et un jean bleu. Est-ce que vous l’auriez vu, por favor ? »
L’employée regarda dans ses dossiers.
« Son nom, por favor ? »
« Sara Tancredi. Gracias. »
Son interlocutrice leva un regard désappointé vers lui.
« Navrée Señor mais je n’ai aucune femme de ce nom sur ma liste d’attente. »
« Peut-être a-t-elle pris un autre nom… Je ne sais pas comme… » commença Lincoln avant de se faire interrompre.
« Vous cherchez Sara Tancredi ? » dit une voix masculine dans un parfait anglais.
Lincoln acquiesça de la tête tout en étant soulagé de rencontrer un compatriote et se retourna vers la personne sans vraiment la regarder.
« Oui, je l’ai per- »
Mais il s’interrompit soudainement lorsqu’il se rendit compte que la voix de cette personne lui était étrangement familière. Il leva les yeux pour mieux observer cet homme familier avant de reconnaître…
« Sucre ?! »
Le concerné hocha brièvement la tête.
« En personne, Lincoln. »
Le dit Lincoln lui donna une tape amicale dans le dos, ce qui n’eut pour effet que de faire grimacer le portoricain, et ce fut à ce moment-là qu’il remarqua le long bandage blanc qui entourait son épaule gauche.
« Que t’est-il arriver ? » demanda alors Lincoln en fronçant légèrement des sourcils.
« Disons qu’un certain T-Bag est passé par là… » répondit Sucre en grimaçant de nouveau, puis l’air inquiet, il questionna « Où est Michael ? »
A peine cette question posée, Sucre s’aperçut de l’état actuel de Lincoln. Il semblait abattu, désespéré. Les yeux de celui qu’on appelait « Linc the Sink » étaient emplis d’inquiétude même s’il tentait de le cacher à cause de sa fierté.
Cela rappelait au portoricain le jour de l’émeute à Fox River, il sentait encore sa main attraper son cou en le menaçant de son autre. C’était là qu’il avait vraiment su les liens que les deux frères entretenaient. Un lien incassable, indivisible. Des frères qui se protégeaient entre eux, des frères unis devant l’adversité.
Il n’avait jamais connu ce genre de relation auparavant jusqu’à ce que Michael ne le sorte de cette rivière et qu’il lui rende lui-même l’appareil en le sauvant du Coyote et sa bande. Seulement, il n’avait pas considéré cette action comme un service à rendre mais comme une action tout à fait normale. Une action qu’on faisait aux gens qu’on aimait. A ceux qu’on considérait comme appartenant à sa famille.
Et c’était pourquoi le jeune homme était inquiet pour Michael en ce moment même et le fait de trouver Lincoln seul ne lui présageait rien de bon.
« Je ne sais pas où il se trouve, » déclara Lincoln presque en criant de désespoir. « Je l’ai vu embarqué par les flics dans une camionnette. Je ne sais même pas ce qui lui est arrivé pour qu’il en arrive là. Il faut que je trouve Sara. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’elle est en danger. J’ai l’impression que cette histoire de Compagnie n’est pas près de se terminer même si ça en a l’air. »
« Tu veux dire qu’ils ont embarqué Michael ? » fut tout ce que pu dire Sucre abasourdi à l’idée que son ami et ex-codétenu se fasse enfermé de nouveau. « Il est en prison ? »
« Je pense. Il faut que je le fasse sortir d’ici au plus vite. Les prisons d’Amérique Centrale ne me disent rien de bon. »
« Je vais t’aider, » annonça Sucre déterminé.
« Que fais-tu de Maricruz ? » demanda alors Lincoln.
Le jeune homme leva un regard surpris vers lui. Il ne s’attendait pas à cette question. Pourtant le visage de sa bien-aimée flottait toujours dans son esprit.
« Comment es-tu au courant ? »
« Disons que Michael me l’a dit. Bellick la retient quelque part ? »
Sucre baissa la tête tout en murmurant :
« Ce salopard retient Maricruz et ma tante. Cela fait une semaine. J’ai peur pour Mary et notre bébé. »
Il sentit une tape amicale sur son épaule encore valide.
« On va la retrouver comme on va retrouver Michael et Sara. »
Lorsque le jeune homme releva le regard vers lui, il eut l’impression de revoir le regard de Michael dans les yeux de son frère.
« On a embarqué Bellick aussi, » se rappela Sucre. « Peut-être que lui et Michael sont dans la même prison ? Même si ce n’est pas le cas, je vais t’aider. »
Le jeune portoricain amorçait une action pour se diriger vers la sortie de l’hôpital suivi de près par Lincoln lorsqu’une infirmière l’interpella en espagnol :
« Señor Gonzalez ! Vous n’êtes pas encore en état de sortir de l’hôpital ! Vous avez perdu beaucoup de sang, et certes, l’hémorragie s’est arrêtée mais il vous faut prendre quelques jours de repos pour que votre plaie soit totalement guérie. On vous a déjà retrouver dans un état déplorable il y a de cela quelques heures, je ne veux pas vous retrouver dans le même état ! »
Sucre ne fit que l’ignorer et sortit de l’hôpital en se retournant vers Lincoln.
« Peut-être que nous devrions nous rendre au poste de police pour nous renseigner ? »

-:-

La nuit était tombée. Il pleuvait des cordes.
Une sombre forteresse s’élevait en haut d’une colline surplombant un petit village du nom de Sona.
Michael avait changé de pick-up contre un minibus où il termina son voyage jusqu’à la sinistre prison. Le minibus s’arrêta devant le bâtiment puis on le fit sortir du véhicule. Le gardien lui enleva ses menottes, puis un mouvement extérieur attira alors l’oeil du jeune homme.
Un autre minibus était arrivé. Et un homme en sortit. Pas n’importe lequel.
Alexander Mahone. Son ennemi. Ou plutôt devrait-on dire son ex-ennemi à présent.
Les deux hommes échangèrent un long regard tout en sachant que l’un et l’autre auraient à faire face à des problèmes plus importants que leur querelle.
Le gardien le conduit jusqu’à la porte du pénitencier au dessus de laquelle Michael pu lire : « Pénitenciaria Federal de Sona ».
Il ne su pourquoi mais le fait de lire cette inscription provoqua un infime frisson le long de sa colonne vertébrale. Il avait un temps soit peu étudié le système pénitencier du Panama – toujours prévoir les imprévus – et savait qu’il n’était en rien égal à celui des Etats-Unis. Fox River pouvait être considérée comme étant un hôtel cinq étoiles à côté de Sona. Il savait également que les prisons d’Amérique Latine n’étaient pas des plus tendres envers leurs détenus.
Il fut interrompu dans ses pensées lorsque le gardien ouvrit la porte du pénitencier sans y entrer pour autant.
« C’est ici que mon chemin s’arrête, » déclara-t-il alors.
Michael se tourna vers lui, l’air impassible mais des questions fusant déjà dans son esprit rétroactif. Quelle était cette étrange prison qui ne ressemblait en rien à d’autres ? Une atmosphère singulière s’y dégageait. Il détourna son regard pour le poser vers ce qui l’attendait, et finit par entrer dans le bâtiment.
Un ange était entré en Enfer.

Deuxième Chapitre



Ce n’est qu’un au revoir… Acte 1, Chapitre 4, P.II
16 avril, 2007, 7:05
Classé dans : : Fanfictions

Ce n'est qu'un au revoir... Say your last goodbye

Chapitre précédent 

CE N’EST QU’UN AU REVOIR…
…Say your last goodbye

Fond sonore : Orange sky by Alexi Murdoch / Sometimes you can’t make it on your own by U2.

Acte 1, Chapitre 4, Partie II

…I said brother, you know, you know / Where are we now ?
It’s a long road we’ve been walking on / I’ve got to let you know
Brother, you know it is, you know it is / A house still doesn’t make a home
Such a long road we’ve been walking on / Don’t leave me here alone…

Il existait certaines vérités qui ne valaient pas la peine d’être entendue, d’autres qui, quand elles étaient dites, faisaient plus de mal aux personnes qu’autres choses. Celle- devait sûrement faire partie à ce dernier groupe sans échapper à la règle.
Il y avait des fois où Michael espérait secrètement que son cerveau ne fonctionnerait pas correctement. Ces moments-là, où il aurait préféré ne pas pouvoir comprendre ce qui avait été dit, plutôt que de le saisir et de confronter ainsi la dure vérité. Malheureusement, c’étaient dans ces moments-là que son esprit parvenait le mieux à interpréter une information, étrangement. En l’occurrence, cette information en cet instant précis.
Maman n’a jamais eu d’assurance-vie, IL m’a menti, se répétait-il incessamment dans l’esprit.
Bien qu’il savait d’ors et déjà ce que cette information avait pour impact, il demanda tout de même d’une voix toujours aussi faible :
« Tu veux dire que… »
Le jeune homme s’interrompit lorsqu’il vit qu’IL s’était rassis et se tenait à présent la tête dans les mains. Il L’entendait chuchoter une phrase continuellement. En tendant un peu plus l’oreille, il réussit à entendre : « Je n’aurais pas du dire ça… Je n’aurais pas du dire ça… Je n’aurais pas du dire ça… ».
Mais il ne LUI laissa pas le temps de s’apitoyer davantage sur SON sort. Il voulait savoir et surtout comprendre. Avoir peut-être la confirmation de cette vérité qu’il refusait d’accepter et qu’il, contre toute attente, craignait.
« Tu veux dire que tout cet argent, les 90000 dollars, ce qui m’a permis toutes ces études, ce qui m’a permis d’acheter mon loft, ce qui m’a permis d’avoir ce job… Ca venait de toi ? »
« Laisse tomber ce que j’ai dit, Michael, » grogna-t-IL alors.
Cette réponse ne satisfit pas le dénommé.
« Quoi ? » commença-t-il à s’énerver en se levant brusquement de sa chaise. « Tu veux que je laisse tomber ? C’est la meilleure ! Je viens d’entendre de ta bouche que tu m’as menti à propos de l’assurance-vie de Maman. Que veux-tu que je fasse, à ton avis ? »
« Laisse tomber ! » répéta-t-IL, la tête toujours dans les mains.
« C’est de ma faute, c’est ça ? » annonça Michael, une pointe de désespoir dans la voix. « Tu vas mourir à cause de ces 90000 dollars ? A cause de moi ? »
IL se leva de nouveau et entreprit à le secouer par les bras.
« Ne dis jamais ça ! » lui cria-t-IL. « Ce n’est pas à cause de toi, ce sont mes choix, pas les tiens. En aucun cas, ce n’est de ta faute ! »
« Je n’aurais jamais du te laisser faire, » murmura Michael. « Je ne le méritais pas. Pour tout ce que je t’ai fais, je ne méritais pas que tu fasses ça pour moi. »
Il sentait le désespoir l’accabler de part en part, telle une araignée tissant sa toile autour de sa proie. IL le secoua de nouveau comme pour le débarrasser de ses mauvaises pensées.
« J’ai fais ça parce que je tenais à toi, et crois-moi tu le méritais, » affirma-t-IL avec fermeté. « Et tu le mérites toujours. »
Michael n’osait pas rencontrer SON regard. SES prunelles bleues si semblables aux siennes et pourtant si différentes en même temps.
Une révélation se dévoila alors sous ses yeux. Une révélation qu’il avant tant de fois réfuté sans vouloir chercher plus, ces trois dernières années, mais qui n’en avait plus aucune raison de l’être. A présent.
« Tu es innocent ? » demanda-t-il d’une voix faible.
C’était plus une affirmation qu’une question, au fond. A cette phrase, il sentit SES yeux se poser sur lui, et il les posa à son tour sur lui, un air déterminé sur le visage. Les expressions de SON visage passèrent de l’impassibilité à la surprise, pour finir par s’assombrir.
« Oui, je suis innocent, Michael. Je n’ai jamais tué Steadman, je te le jure. »
Le jeune ingénieur sentit les larmes lui monter aux yeux, mais les retint avec force. Sans savoir pourquoi, il savait qu’IL lui disait la vérité. Il n’y avait pas besoin de justification. Il le savait simplement au plus profond de son être, et peut-être l’avait-il su depuis le début sans vouloir l’accepter…
Ne se contrôlant pas, Michael se mit à L’étreindre de ses deux bras. IL ne réagit pas tout de suite, mais dès qu’IL le pu, IL l’étreignit lui aussi.
Il renifla bruyamment, puis dit doucement :
« J’aurais du te faire sortir d’ici. »
« Ne dis pas de bêtises, » le reprit-IL. « Comment aurais-tu pu me faire sortir d’ici ? C’est impossible, même si tu es la personne la plus futée que j’ai jamais connu. »
Michael ne dit rien. Il savait qu’il aurait pu LE faire sortir d’ici, mais il ne l’avait pas fait, et il s’en voulait pour ça. Il s’en voulait pour avoir eu un tel comportement avec LUI.
« Je veux que tu m’écoutes. Quand je ne serais plus là. Je veux que tu t’occupes de LJ pour moi. Tu es son oncle, et je te donne la responsabilité que je n’ai jamais réussi à tenir. »
Le jeune homme allait protester, mais IL ne lui en laissa pas le temps.
« Attends ! Je veux aussi que tu prennes soin de toi. Que tu continues à vivre normalement après ma mort. Vis ta vie sans jamais te retourner. Je te connais Mike, si je n’avais pas été là après la mort de maman, tu te serais sûrement laisser mourir. »
Michael ne relâcha pas pour autant son étreinte sur LUI à l’entente de cette phrase. Au contraire, il s’accrochait à LUI tel un désespéré le ferait à une bouée de sauvetage au beau milieu d’un océan de crainte et surtout d’inconnu. Pourtant, il savait qu’IL avait raison, s’IL n’avait pas été là à ce moment , il n’aurait pas eu SON soutien. Ce soutien qui l’avait aidé à surmonter cette difficile épreuve. Et il avait réussi à la surmonter, grâce à LUI. Mais, cette fois-ci serait une tout autre affaire.
Cette fois, il serait seul.
Cette fois, il devrait affronter ce mur infranchissable seul.
Car cette fois, IL allait mourir. Ce soir.
Rien que ces pensées firent s’écrouler un peu plus le monde qu’il s’était éfforcé de construire après tant d’années.
« Je ne vais pas y arriver, » dit-il alors d’une voix étranglée, le visage enfoui au creux de SON épaule.
Quelques larmes commencèrent à perler sur ses joues, mais Michael n’y accordait aucune importance. Il n’avait tout simplement plus la force de les retenir, c’était au dessus de tout ce qu’il pouvait endurer.
« Tu n’es pas obligé d’assister à- Tu n’es pas obligé de voir ça, » L’entendit-il alors dire dans son dos. « Si tu ne veux pas le faire, je comprendrais… je ne veux pas t’obliger à me voir pour ça. »
A l’entente de cette phrase, Michael effaça rageusement ses larmes de son visage, puis se redressa et LE regarda droit dans les yeux, sans le lâcher néanmoins des bras.
« Tu veux rire. Tu ne m’obliges en rien du tout, » dit-il d’une voix toujours enrouée. « Tu n’as pas à être seul pour ça. Je ne vais pas te laisser seul ici, je n’en ai pas le droit. Je ne te laisserai pas seul… »
Il L’étreignit de nouveau, un peu plus fort que précédemment toutefois, à la recherche de cette étreinte réconfortante et fraternelle qui l’avait manquée pendant tant d’années perdues qu’il regrettait douloureusement à présent.
Le fait de penser à ces années perdues lui fit monter d’autres larmes à ses prunelles bleues. Amères, cette fois-ci. C’était de sa faute, s’IL en était là. Tout était de sa faute.
« C’est de ma faute si tu es là, » déclara Michael d’un ton dur.
Le jeune ingénieur sentit une tape dans son dos.
« Hé ! On en a déjà parlé ! Ce n’est pas de ta faute. Je ne veux pas que tu vives avec ça dans la conscience quand je ne serais plus là. Tu m’entends ? Je te l’interdis ! Je veux que tu vives ta vie sans penser à moi. »
Michael ne répondit pas. Un silence s’installa de nouveau jusqu’à ce qu’IL ne l’interrompe :
« Tu aimes le docteur Tancredi ? »
Surpris par ce brusque changement de sujet, Michael ne répondit pas tout de suite, même si il sentait déjà ses joues s’empourprer légèrement sans en savoir cependant la raison.
« Quoi ? » fut tout ce qu’il trouva à dire.
« Le docteur Tancredi, » répéta-t-IL d’un ton où il commençait clairement à y déceler de l’amusement. Il n’aimait pas ça.
« De quoi tu parles ? » continua-t-il.
« Sara, » finit-IL par dire d’une voix exaspérée. « Sara. Tu aimes Sara, c’est ça ? »
Michael sentit son visage s’enflammer de plus en plus à SA question. Il ne savait pas vraiment pourquoi il se comportait ainsi ou plutôt pourquoi sa tête réagissait ainsi.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, » feignit-il de dire.
Ce fut à SON tour de se redresser pour le regarder en face. IL avait une expression vaguement amusée sur le visage.
« Oh allez, arrête ton cinéma, Mike ! Je te connais bien, tu sais, je suis ton frère. »
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, » répéta-t-il d’une même voix, pourtant la chaleur qu’il ressentait à ses joues prouvait le contraire.
« Bon, puisque tu le prends comme ça. »
Sans que le jeune homme ne puisse réagir, IL le prit par le cou et lui ébouriffa ses cheveux courts avec force. Michael se débattit pour essayer de le faire lâcher mais ne parvint pas tellement à grand-chose. Pas étonnant. IL avait toujours été celui qui se battait. Lui était plutôt cérébrale.
« Linc ! Lâche-moi ! » se mit il à crier avec protestation.
« Pas avant que tu me répondes. »
« Comment veux-tu que je te répondes si tu m’étouffes comme un cinglé ?! Lâche-moi, bon sang ! »
Il LE sentit alors le lâcher. Puis, pendant un moment, Michael se massa le cou en grimaçant alors qu’IL le regardait toujours de SON air amusé.
« T’es vraiment cinglé, » rajouta le jeune ingénieur en secouant la tête.
IL croisa les bras d’un air impatient.
« J’attends toujours ma réponse. »
« Quelle réponse veux-tu de moi ? » répondit Michael, mi-agacé mi-exaspéré par SON comportement. « Je l’ai juste croisée tout à l’heure. On a discuté un peu, elle m’a donné TA grue et puis c’est tout. Comment veux-tu que je m’attache à quelqu’un en seulement quelques minutes ? »
Il LE regarda hausser les épaules.
« Oh, je ne sais pas. Parfois, il existe des personnes avec qui on tisse très vite des liens. C’est tout simplement naturel. »
« Ah oui ? Ca peut-être vrai, mais je me demande tout de même d’où tu sors ces insinuations… » marmonna-t-il. « S-le docteur Tancredi et moi ? Mauvaise idée. »
Pourtant, son for intérieur criait le contraire.
« Vraiment ? » demanda-t-IL de SON ton toujours amusé. « Tu l’as appelée par son prénom tout à l’heure, et je me demande si je n’ai pas entendu l’esquisse d’un S sortir il y a juste un instant de ta bouche. »
« Je t’en pris, Linc. Ce n’est pas parce que je l’ai appelée par son prénom que je suis amoureux d’elle. Ais un peu de jugeote. »
« Tu as rougis quand j’ai parlé d’elle, » continua-t-IL.
Michael ne su quoi répondre à cette phrase. C’était vrai, il avait rougit, mais cela ne voulait absolument pas dire qu’il avait des sentiments pour la jeune femme. Il soupira mentalement. Il n’avait jamais été doué pour ce qui était d’analyser ses propres sentiments. Aujourd’hui n’allait pas changer.
« C’est une très belle femme, tu sais, » dit-IL alors plus calmement. « Si elle te plaît, alors fonce. »
Le jeune homme eut un léger rire.
« Je ne crois pas que je vais écouter un conseil amoureux venant de ta part, » déclara-t-il légèrement moqueur.
IL lui mit un poing sur l’épaule.
« Hey ! On ne parle pas de moi là ! » protesta-t-IL d’un air faussement offusqué.
Pour toute réponse, Michael LE prit de nouveau dans ses bras, des larmes de nouveau aux yeux. Mais étrangement, ce n’était pas des larmes de tristesse, c’était des larmes de joie. De la joie de retrouver un de ces moments qui l’avaient tant manqués.
Il n’avait de mot à dire. Il n’y en avait pas besoin. L’étreinte fraternelle qu’il partageait avec LUI disait déjà tellement beaucoup plus à ses yeux.
Une chanson traînait curieusement dans sa tête.
…Let me take some of the punches / …Laisse-moi encaisser certains coups
For you tonight / Pour toi ce soir
Listen to me now / Ecoute-moi maintenant
I need to let you know / J’ai besoin de te le faire savoir
You don’t have to go it alone / Tu n’as pas à supporter ça tout seul
And it’s you when I look in the mirror / Et c’est toi quand je me regarde dans le mirroir
And it’s you when I don’t pick up the phone / Et c’est toi quand je ne décroche pas le téléphone
Sometimes you can’t make it on your own… / Parfois tu ne peux pas y arriver seul…
« Tu n’aurais pas bu pas hasard ? » demanda-t-IL d’une voix rieuse.
Michael sortit de ses songes.
« Pardon ? »
« J’ai dit, tu n’aurais pas bu un peu par hasard ? » ajouta-t-IL.
Le jeune homme trouvait cette question totalement hors de contexte, mais venant de LUI, tout était extravagant. Il réfléchit toutefois à sa question. Il était vrai qu’il avait bu un ou deux verres avant de se préparer pour aller à Fox River. Il ne savait d’ailleurs pas pourquoi s’était-il autoriser cette folie. Sûrement toute cette pression.
« Oui, un ou deux verres, pourquoi cette question ? »
« Je ne sais pas… D’habitude, tu ne me manifestes pas autant d’affection…. » déclara-t-IL en plaisantant.
A cette phrase, Michael lui mit une tape dans le dos et se redressa avec une expression affligée. IL s’apprêtait à dire quelque chose lorsque la porte s’ouvrit soudainement sur un homme assez âgé en costume cravate. Le jeune homme en déduit que ce devait être le directeur de la prison. Il se souvenait même avoir vu sa photo dans un ancien journal.
« C’est l’heure, » annonça le vieil homme regardant en leur direction.
Michael LUI lança un regard inquiet. IL avait repris une expression neutre, mais SES yeux semblaient vouloir le réconforter. Ils furent alors conduits dans les dédales de la prison vers le sinistre couloir de la mort, en compagnie de nombreux gardiens. Le jeune homme ressentait énormément d’appréhension en traversant ces couloirs. De l’appréhension, du désespoir et un sentiment de protestation envers SON innocence.
Une fois arrivés devant le couloir de la mort, Michael aperçut de nouveau Sara qui lui adressa un discret signe d’encouragement auquel il répondit brièvement.
Ce fut à ce moment-là qu’un autre gardien vint à la rencontre du directeur. Il lui chuchota quelque chose à l’oreille et lui passa un téléphone. Le directeur resta pendant quelques secondes silencieux avant de dire « Je comprends monsieur le Gouverneur, bonne soirée. »
Une bouffée d’espoir envahit alors Michael. Il savait que le Gouverneur Tancredi avait le pouvoir d’annuler cette exécution. Il essaya de LUI jeter un regard confiant.
L’homme âgé raccrocha le combiné, puis dit : « Le Gouverneur a téléphoné… Et il ne vous accorde pas sa clémence. Je suis vraiment désolé. Continuons. »
Michael sentit ses poumons expirer de l’air sans savoir qu’il avait retenu sa respiration. Le désespoir vint de nouveau l’emmailloter jusqu’au plus profond de son âme. Il se sentait de plus en plus faible.
Ils s’arrêtèrent une nouvelle fois devant une porte. Cette fois-ci, le gardien Bellick annonça de sa voix toujours aussi méprisante :
« C’est la limite. Mr Scofield, vous allez être emmené dans une autre salle pour voir l’exécution. »
Tout se passa alors ensuite comme dans un rêve. Il ne su comment il s’était trouvé de nouveau dans l’étreinte de son frère. Car oui, IL était son frère. Un frère. Un frère qui allait mourir par sa faute. Un frère dont il aurait espéré et souhaité tellement mieux connaître.
Il l’étreignit d’une étreinte fraternelle. La dernière. La toute dernière.
…I’ve got to let you know / Il faut que je te dise
A house still doesn’t make a home / Qu’une maison ne fait pas forcément un foyer
Don’t leave me here alone… / Ne me laisse pas seul ici…
Encore une fois, il n’y avait pas besoin de mots pour s’exprimer.
Michael laissa échapper quelques sanglots étouffés avant de relâcher son étreinte avec regret.
…And it’s you when I look in the mirror / …Et c’est toi quand je me regarde dans le miroir
And it’s you that makes it hard to let go / Et c’est toi qui fait que c’est si dur de partir
Sometimes you can’t make it on your own… / Parfois tu ne peux pas y arriver seul…
Il lança une dernière fois un regard à son frère avant de se faire reconduire vers une autre pièce remplie de chaises, puis il s’assit au premier rang. Un rideau noir cachait la fenêtre qui permettait d’apercevoir la fameuse chaise électrique. D’autres personnes s’asseyaient derrière lui. Sûrement des journalistes, mais il ne leur accorda aucune attention.
Une sorte de pression palpable s’exerçait sur lui alors qu’il regardait l’étoffe noire dans l’espoir de la voir disparaître. Lorsque cette dernière s’effaça, le jeune homme relâcha sa respiration une nouvelle fois.
Puis, il LE vit. Son frère. Sa moitié d’âme. Attachée à la chaise.
A cette vue, Michael sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux. Il ferma un instant les yeux, refusant d’accepter cette difficile réalité.
Quand il les rouvrit, il L’aperçut dire quelque chose sans entendre ce qu’il disait. Il aurait voulu casser la vitre pour tout arrêter, mais il ne pouvait tout simplement pas.
Il murmura alors tout doucement, tout en sachant qu’IL ne l’entendrait pas :
« Je suis désolé. »
Un murmure,
Une plainte,
Le vent,
Puis le noir complet.

FIN DE L’ACTE 1
To be continued…



Ce n’est qu’un au revoir… Acte 1, Chapitre 2, P.I
25 mars, 2007, 4:31
Classé dans : : Fanfictions

 

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CE N’EST QU’UN AU REVOIR…
…Say your last goodbye

Fond sonore : Orange sky by Alexi Murdoch.

Acte 1, Chapitre 4, Partie I

…Sometimes, sometimes, my mind is too strong to carry on…
Pour la seconde fois de la journée, ou plutôt devrait-on dire de la soirée bien que le soleil ne fût pas encore totalement couché, il se tenait devant la porte qui menait à la pièce de la Dernière Visite.
Il était resté encore quelques temps à l’extérieur à réfléchir au passé, au présent mais surtout au futur. Un futur qui semblait si proche et qui, contre tout attente, lui faisait peur si bien qu’il aurait refusé d’y faire face si il n’y avait pas eu LUI. Peu à peu, au fil que les minutes passaient lentement, il avait la désagréable impression que le monde qu’il s’était tant efforcé de construire autour de lui était en train de s’écrouler tel un château de cartes.
On lui avait toujours dit que perdre un proche était une épreuve difficile à surmonter. Mais de cette façon, il n’y avait pas pire. Et même si il LUI en voulait, un sentiment enfoui au plus profond de lui ne pouvait pas réellement lui en vouloir pour tout ceci. Sara avait raison, il avait besoin de LUI parler.
Prenant une grande inspiration comme pour se donner du courage, Michael poussa de nouveau la porte.
IL était toujours là, lui tournant le dos, assis sur une chaise, le front à plat contre la table. Le jeune homme remarqua qu’IL avait échangé son uniforme de détenu contre un tee-shirt blanc et un pantalon beige.
« Tu es revenu, finalement. »
Michael sursauta à l’entente de SA voix, trop concentré par l’observation de SES nouveaux vêtements pour s’apercevoir qu’IL s’était à présent retourné, un semblant de sourire sur le visage. Il remua d’un air mal à l’aise, ne sachant plus vraiment comment se comporter avec LUI.
« Viens t’asseoir, » lui ordonna-t-IL gentiment. « Tu ne vas pas rester debout toute la nuit à attendre que cela passe, » ajouta-t-IL, une pointe d’humour dans la voix.
Il ne broncha pas et vint alors s’asseoir près de LUI, sans toutefois oser lever les yeux vers LUI.
Un nouveau silence commença à s’installer entre eux deux. Ce dernier n’était coupé que par le bruissement des pages d’un magazine qu’IL feuilletait à présent d’un air distrait, mais Michael sentait SON regard se poser parfois sur lui avec insistance.
En ayant assez de ce silence, le jeune ingénieur chercha un sujet à converser – qui serait, si possible, le moins douloureux possible – quand ses yeux se posèrent sur un plat de pancakes à la myrtille à peine entamé sur la table. Trouvant là, un bon sujet de conversation, il se lança d’une voix aussi neutre que possible en haussant un sourcil :
« Des pancakes à la myrtille ? »
A cette phrase, IL reposa son magazine sur la table avant de le regarder. Cette fois-ci, Michael eut enfin le courage de le regarder droit dans les yeux sans ciller. IL sourit puis répondit simplement :
« Yep. »
Pour une fois – peut-être la première fois depuis ces trois dernières années – Michael décida de mettre sa rancoeur de côté, bien qu’il ne savait pas réellement pourquoi il se comportait ainsi. Il regarda de nouveau ailleurs.
« Mon plat préféré, » dit-il, les yeux dans le vague et un fin sourire sur les lèvres. « Je me souviens que Maman avait l’habitude de nous en faire avant… enfin, avant que ça n’arrive. C’étaient les meilleurs que j’ai jamais goûtés. »
« Et surtout meilleurs que les miens, » déclara-t-IL sombrement.
Le jeune homme leva les yeux vers lui et remarqua une légère lueur de culpabilité et de douleur briller dans SES yeux. Finalement, peut-être que ça n’était pas le meilleur sujet de conversation qu’il ait trouvé.
« Tu en faisais pour LJ, n’est-ce pas ? » se risqua-t-il à demander.
« Ca doit être la seule chose que j’ai jamais faite pour lui. »
Michael ne su quoi répondre. Une partie de lui voulait le rassurer, tandis qu’une autre s’obstinait à penser que c’était de SA faute si tout était ainsi.
Au bout d’un autre moment de silence gênant, il dit soudainement :
« J’ai vu Sara… Enfin, je veux dire le docteur Tancredi. »
Il LE vit hausser les sourcils.
« Tu l’as vu ? »
Il acquiesça, puis sortit la grue en origami qu’il avait un peu plus tôt mit dans sa poche, et la posa sur la table.
« Elle m’a remit ceci. »
IL ne dit pas un mot, se contentant de fixer la grue de papier. Michael continua sur le même ton :
« Après la mort de Maman, je me souviens avoir eu du mal à dormir. Je ne savais jamais où tu étais. Mais le matin lorsque je me réveillais, je trouvais à chaque fois une grue en origami à mon chevet. J’avais deviné que c’était sans doute ta façon de me dire que tu veillais sur moi. »
Il se tu un moment et étudia SA réaction. Il avait besoin de savoir ce qu’IL ressentait en ce moment précis.
« Et j’ai cherché. La grue. Elle signifie l’obligation familiale, le devoir de veiller sur les siens. »
IL resta silencieux.
« J’ai besoin de savoir, Linc. »
« Il n’y a rien à savoir, » répondit-IL sèchement. « Je n’aurais jamais du te demander de venir. »
« Vraiment ? S’il n’y avait rien à savoir, alors pourquoi avoir demandé au docteur de me remettre ça ? Si je n’étais pas venu, je pense que le docteur Tancredi me l’aurait tout de même remise. Trois ans Linc, trois ans. Et tu crois que j’aurais réagi comment ? On ne se parle plus depuis trois ans et tout à coup, le lendemain de ton exécution, j’aurais reçu ça. »
Le jeune homme tenta de ne pas exploser une nouvelle fois. Mais il voulait tout simplement comprendre.
« Ca n’a aucune importance, » rétorqua-t-IL, une pointe d’agacement dans la voix.
« Aucune importance ? Bon Dieu, Linc ! Je ne comprends vraiment plus comment tu fonctionnes, » déclara Michael en essayant de maîtriser sa voix.
« Il n’y a rien du tout à comprendre. C’était une erreur. »
« Une erreur ? Et bien sûr les autres fois étaient aussi des erreurs, je suppose ? Franchement, je ne sais plus comment réagir avec toi. »
IL se leva brusquement, ayant ainsi pour conséquence de le faire sursauter.
« Tu veux vraiment savoir pourquoi j’ai fait ça. »
IL fit un geste de la main vers la grue. Michael, quant à lui, restait figé, trop surpris par cette violente réaction pour y réagir.
« Et bien voilà : JE tiens à toi ! Tu es mon frère et je tiens à toi ! C’est plus fort que moi ! »
Michael eut besoin de quelques secondes pour assimiler complètement ce qu’IL venait de dire. Il fut alors déstabilisé par cette phrase.
IL tenait à lui. IL tenait à lui. Lui.
Rien que le fait de se répéter ces quelques mots dans son esprit avait pour conséquence de le déstabiliser de nouveau. Ce fut à ce moment précis qu’il se souvint d’une parole de Sara.
Il a dit que vous étiez l’une des seules personnes qui comptaient le plus pour lui au monde…
Michael ferma les yeux. IL ne remarqua sans doute pas son comportement puisqu’IL continua toujours à haute voix :
« Et tu veux savoir combien je tiens à toi ? Les 90000$ ? Tu veux savoir en quoi je les ais utilisé ? »
Le jeune homme rouvrit les yeux tout en se demandant quel rapport y’avait-il entre les quatre-vingt dix milles dollars et le fait qu’IL tenait à lui. Il n’osait cependant pas rencontrer SON regard.
« C’était pour toi ! »
A cette révélation, Michael se figea, mais il trouva tout de même la volonté de demander d’une voix faible :
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Maman n’a jamais eu d’assurance-vie, je t’ai menti. »

Acte 1, Chapitre 4, Partie II

Scène “coupée” au montage car jugée trop hors de l’intrigue (mais dont je n’ai pas eu le coeur de la supprimer vraiment) :

Au bout d’un autre moment de silence gênant, Michael LUI demanda soudainement :
« C’est bien la prison ? »
Puis, se rendant compte de la stupidité de sa question, il se corrigea rapidement :
« Enfin, je veux dire… Comment c’est la prison ? »
IL eut un léger rire et répondit :
« Oh… En comparaison, je dirais que- Tu te souviens du vieux motel miteux où l’on a séjourné quand on était à Mexico ? »
Michael hocha brièvement la tête au souvenir de cette escapade. C’était peu après la mort de leur mère. IL avait voulu lui changer les idées et l’avait ainsi emmené à Mexico. Il se souvenait en effet de ce motel à l’allure presque déplorable. Malgré cela, ces vacances avaient été l’une des meilleures de sa vie si l’on oubliait le motel.
« C’est à peu près pareil. Ma cellule est aussi piteuse que la chambre sauf qu’elle fait le quart en taille, et il faut aller dans un autre endroit pour pouvoir prendre une douche. Et la grande différence est surtout que le séjour ici est gratuit. »
« Tu prenais l’air parfois ? »
« Oui, j’avais un heure de récréation par jour, si on peut dire ainsi. J’allais aussi à la chapelle et je participais à l’IP. »
« L’IP ? » dit Michael, sans comprendre.
« L’industrie pénitentiaire, la classe des travailleurs en quelque sorte. »



Expect the Unexpected… Episode 2.I
17 mars, 2007, 3:56
Classé dans : : Fanfictions

Episode précédent  Expect the Unexpected... Hidden Memories

EXPECT THE UNEXPECTED…
… Hidden Memories

Episode 2 : Bonne nouvelle, mauvaises nouvelles (Partie I)

Le téléphone sonnait.
Lincoln lança à un regard interrogateur à son fils tout en se demandant qui pouvait bien appeler à cette heure tardive de la nuit, puis décrocha l’appareil d’une main légèrement fébrile.
« Allô ? »
« Allô M. Burrows ? » retentit une voix féminine dans le combiné.
« C’est bien moi, » répondit Lincoln, intrigué par cet appel tardif.
« Je suis le Dr Davies, et- »
« Comment avez-vous eu mon numéro ? » l’interrompit-il brusquement, peut-être un peu trop.
Leur numéro n’était connu qu’aux rares personnes à qui Lincoln faisaient assez confiance. A cause de toute l’affaire de la conspiration, les médias n’avaient cessé de les harceler pour une interview, si bien qu’ils avaient eu à changer de numéro bon nombre de fois, c’était pour cela qu’il se demandait comment ce soi-disant docteur avait eu leur numéro.
Il entendit un soupir de l’autre côté de l’appareil avant que la voix ne dise :
« Il a été assez dur à trouver, en effet. Ecoutez, M. Burrows, je m’excuse de devoir vous déranger à cette heure de la nuit, mais j’ai quelque chose de très important à vous annoncer. »
« Important ? » répéta Lincoln dubitatif, pourtant au fond de lui, un étrange sentiment venait de naître, de l’espoir mélangé à de la peur.
Ne comprenant que la moitié de la conversation, son fils lui fit signe d’allumer le haut parleur afin qu’il puisse également entendre l’interlocutrice. Lincoln appuya alors sur le bouton, l’autre main tenant toujours le combiné à l’oreille. Son interlocutrice avait réussi à attirer sa curiosité.
Un autre soupir se fit entendre.
« Hum… C’est assez difficile à expliquer, en fait… » répliqua le supposé docteur Davies comme si elle avait du mal à trouver les mots justes. « J’ai deux nouvelles à vous annoncer, une bonne et une mauvaise… »
« Donnez moi la bonne d’abord, » coupa Lincoln qui finissait par devenir impatient.
Un soupir. Un raclement de gorge.
« Voilà… votre frère a été retrouvé, » dit rapidement la voix.
Un silence.
Lincoln resta pendant un instant la bouche légèrement entrouverte, le téléphone pendu à l’oreille. Il jeta un regard à son fils qui avait l’air d’être dans le même état que lui, puis retourna son attention au combiné, des milliers de questions en tête.
Son frère retrouvé. Son frère disparu il y a de cela un an.
Etait-il vivant ? Où se trouvait-il ?
« Michael Scofield ? » demanda-t-il pour une confirmation, une pointe d’espoir dans la voix.
« Oui, » répondit simplement le docteur.
Lincoln ne savait pas exactement ce qu’il ressentait. Du soulagement. Du soulagement que son frère ne soit plus disparu, qu’il ne soit plus qu’un vulgaire nom à citer dans les journaux anciens. Mais à cela se rajoutait de l’angoisse.
C’était un docteur qui l’appelait. Pas n’importe qui. Un docteur.
Un mauvais pressentiment se fit ressentir en son for intérieur.
« Où est-il ? » demanda-t-il alors d’une voix où l’inquiétude transperçait.
Un autre soupir.
« C’est la mauvaise nouvelle. Votre frère… Hum… votre frère est hospitalisé à l’hôpital de Northwestern Mémorial à Chicago- »
« Que lui est-il arrivé ? » interrompit encore Lincoln, angoissé.
« Il vient d’avoir un accident de voiture il n’y a pas longtemps. Il est à présent en salle d’opération et nous faisons tout notre possible pour qu’il s’en sorte. »
« A-t-il… a-t-il des chances de survivre ? » demanda Lincoln avec désespoir.
Il avait à peine retrouvé son frère que c’était comme s’il allait le perdre une troisième fois. Il lui semblait que le sol allait se dérober sous ses pieds à tout moment.
« Nous allons faire notre possible. »

-:-

« Papa ? » entendit-il appeler sans pouvoir mettre un nom sur la voix, tellement son esprit était dans le flou après l’annonce de la doctoresse.
Depuis, Lincoln avait l’impression que plus rien n’existait autour de lui.
Plus rien. Excepté son frère. Son frère qui était peut-être en train de souffrir à l’instant même.
A cause de lui. Encore une fois.
« Papa ? »
Cette fois-ci, Lincoln réussit à sortir de sa léthargie pour rencontrer le visage inquiet de son fils.
« Ca va ? » demanda-t-il. « Depuis que tu as raccroché, tu ne réagis plus du tout. »
Lincoln se laissa prestement tomber sur le canapé le plus proche pendant que LJ s’asseyait à côté de lui. Il avait l’impression que ces dernières minutes avaient duré des heures entières.
Toutes ses forces semblaient l’abandonner. Le fait de rester à cet endroit alors que son frère était à quelques dizaines de kilomètres entre la vie et la mort lui était insupportable. Alors qu’il était tranquillement dans sa maison confortable, son frère souffrait.
Pris d’une idée soudaine, il se leva alors subitement.
Non, il n’allait pas l’abandonner. Pas cette fois. Pas lorsqu’il venait de le retrouver.
Une partie de lui-même. Non.
Pendant qu’il se dirigeait avec précipitation vers le hall d’entrée, son fils le suivit, un air interrogateur sur le visage, et lui demanda :
« Qu’est-ce que tu vas faire, Papa ? »
Au lieu de lui répondre, Lincoln monta à l’étage pour aller chercher des affaires qu’il jeta pêle-mêle dans un vieux sac de sport ayant autrefois appartenu à Michael. Son coeur se serra à cette pensée.
Ce ne fut qu’une fois qu’il redescendit le sac rempli à l’épaule, qu’il répondit enfin à son fils :
« Prépare ton sac, LJ ! Nous repartons à Chicago ! »

A suivre…



Expect the Unexpected… Episode Pilot
14 mars, 2007, 4:37
Classé dans : : Fanfictions

Expect the Unexpected... Hidden MemoriesNdA : Voici ma seconde histoire “longue” qui date d’il n’y a pas très longtemps. Cette fois-ci, cette fanfiction sera sous la forme d’épisodes et comportera plusieurs points de vue différents pour chaque épisode. Voici le synopsis pour mieux comprendre le contexte de mon histoire :

Synopsis :
Nous sommes trois ans après les huits de Fox River, Lincoln a été innocenté et a retrouvé son fils LJ, ils vivent désormais dans un coin tranquille de la Nouvelle Angleterre, essayant du mieux qu’ils peuvent d’échapper aux médias qui les assaillent depuis la fin de la conspiration. Sucre, quant à lui, a décidé de s’installer au Panama – même s’il n’est à présent plus considéré comme un fugitif – avec Maricruz et son fils de presque trois ans nommé Micael. Sara, elle, tente de retrouver tant bien que mal une vie normale après le tragique évènement.
Vous vous demandez sûrement quel est ce tragique évènement ? Et bien cela va faire un an, jour pour jour, que Michael Scofield, le “mastermind” de l’évasion des huits de Fox River, a disparu sans laisser de traces. Personne ne sait s’il est encore en vie ou non. Tout ce que l’on sait c’est qu’il n’est plus jamais apparu depuis.
Seulement cet “anniversaire” de sa disparition ne vient pas sans un autre évènement…
Une nouvelle conspiration semble se tramer. Et certaines personnes ne s’en sortiront peut-être pas indemnes…

EXPECT THE UNEXPECTED…
… Hidden Memories

Episode 1 : Pilot

Il avait suffit d’une seconde d’inattention, une infime seconde, mais qui pourtant avait fait que le drame puisse survenir.
Une seconde. Un mètre de plus dans la voiture. Un regard alerté, mais trop tard. La collision venant à bout portant.
Un choc violent à la tête. Une immense douleur. Des cris qui résonnent dans sa tête tels de milliards bombes qui explosent.
Et puis plus rien. Le noir complet. L’évanouissement. L’esprit qui sombre dans l’obscurité totale.
Le silence.

-:-

Le docteur Helena Davies avait terminé sa journée à l’hôpital. Elle soupirait de soulagement en se réjouissant d’avance à l’idée de la bonne tasse de chocolat chaud qui l’attendait à son appartement et au bon bain moussant qu’elle aurait bientôt.
La journée avait été assez banale, enfin banale du point de vue d’un médecin affecté au Service des Urgences. Etrangement, ce jour-ci, les urgences avaient été peu nombreuses. Helena ne savait pas s’il fallait s’en réjouir ou plutôt s’en inquiéter. Cette journée était un peu trop utopique pour durer jusqu’à la fin, songea-t-elle avant de chasser cette pensée tout au fond de son esprit. Qu’est-ce qu’elle était pessimiste !
Ce fut dans cet état d’esprit que la jeune femme se dirigea au comptoir d’accueil de l’hôpital afin de souhaiter une bonne nuit au gardien de nuit nommé Bob, un homme sympathique toujours prêt à rendre des services.
« Alors Lena, t’as fini ta journée ? » demanda-t-il d’un ton amical.
La doctoresse lui sourit.
« Comme tu le vois Bob, j’ai fini et je compte- »
Mais avant qu’elle ne puisse terminer sa phrase, Bob lui intima de se taire en allumant son talkie-walkie. Elle pu alors entendre une voix légèrement déformée en sortir :
« Ici, ambulance 25, demande permission d’entrer au Service des Urgences. A un homme grièvement blessé suite à une collision de voitures. Je répète, ici, ambulance 25, demande permission d’entrer au Service des Urgences. »
Le gardien appuya sur un autre bouton et répondit : « Permission acceptée. Communication terminée. »
L’instant d’après, sur le tableau de commande, il pressa un bouton qui devait permettre à l’ambulance d’entrer au Service des Urgences.
Lena avait observé tout le manège du gardien sans dire un mot, puis alors qu’elle ouvrait la bouche pour dire quelque chose, Bob l’interrompit d’un ton paternel :
« Rentre chez toi. Le service de nuit va s’en occuper. Tu as eu une assez longue journée comme ça. »
La jeune femme allait protester – il n’était pas dans ses habitudes de partir alors qu’un blessé avait besoin de soins intensifs – lorsque les portes d’entrée s’ouvrirent brusquement, laissant entrer un homme, dont elle ne distinguait pas le visage, allongé sur un brancard entouré d’une foule d’infirmiers et de médecins.
Son instinct professionnel prenant le dessus, elle accouru vers eux d’un pas empressé, tout en ignorant les appels du gardien de nuit. Une fois à leur hauteur, elle interrogea impatiemment :
« Quel est le premier bilan ? »
Ce fut un jeune infirmer qui lui répondit.
« Un violent choc à la tête, traumatisme crânien possible, bras droit cassé, de nombreuses contusions sur tout le haut du corps. Il est possible qu’il soit tombé dans le coma après un choc pareil. D’ailleurs… »
Cependant le docteur ne l’écoutait déjà plus, le corps allongé sur le brancard avait attiré son regard. La tête du blessé était grièvement atteinte, mais laissait deviner un beau visage. Ses yeux étaient fermés si bien qu’on aurait cru qu’il était paisiblement endormi si il n’y avait pas toutes ses blessures pour le démontrer. Le cœur d’Helena se serra douloureusement à cette vue. Elle ne connaissait que trop bien ce genre d’expression sur les visages.
En regardant un peu plus, l’homme lui sembla brusquement familier. Il lui semblait l’avoir déjà vu quelque part. Elle se secoua alors la tête. C’était impossible. Mais pourtant malgré ses blessures à la tête, son visage lui paressait familier.
« Docteur Davies ? »
Elle sortit brutalement de ses pensées quand l’infirmer l’interpella. En jetant un dernier coup d’œil au blessé, elle retourna son attention au jeune homme :
« Oui ? »
« Je disais qu’il faudrait l’amener en salle d’opération au plus vie, il semble faire une hémorragie interne. »
Soudain, la jeune femme se maudit intérieurement de rêvasser alors que la vie d’un homme était peut-être en jeu.
Alors, en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, le blessé fut envoyé en salle d’opération. La doctoresse avait insisté pour y être – sans savoir pourquoi, sans doute un instinct plus profond – malgré le fait que sa journée de travail était normalement terminée. Sans raison particulière, elle avait besoin d’assister ce patient à l’air étrangement familier.
Les autres médecins n’acceptèrent qu’à contrecœur sa présence, mais lui demandèrent toutefois de rester à l’écart. Ils allaient commencer l’opération lorsque la jeune femme s’écria soudainement d’une voix ébahie « Oh mon Dieu ! » tout en fixant un endroit sur le haut du corps du blessé.
Ignorant les regards désapprobateurs de certains de ses collègues, Lena s’approcha de la table d’opération, fixant toujours le même point.
Elle venait de réaliser quelque chose. Cet air familier. Ce qu’elle avait juste sous les yeux. Tout se concordait. Il n’y avait plus de doutes possibles.
Seulement le docteur préféra demander :
« Avez-vous une idée de l’identité du blessé ? »
Elle entendit quelques grognements réprobateurs de la part de certains médecins, mais ne s’en fit pas.
« Non, il n’avait aucun papier sur lui, pas même un numéro de téléphone qui pourrait nous indiquer un indice sur son identité, » répondit le infirmier qui lui avait répondue plus tôt. « C’est comme si c’était un John Doe. »
La jeune femme soupira bruyamment sous son masque. Evidemment. Aucun papier qui ne prouvait prouver son identité. Mais elle était certaine de savoir qui était cette personne par le moyen d’un indice infaillible.
« Pourquoi posez-vous cette question Dr Davies ? » demanda un autre de ses collègues.
Elle regarda le visage du patient pendant une seconde, avant de baisser le regard sur son torse, puis leva à nouveau le regard vers les autres.
« Parce que j’ai une idée de son identité. »
« Ah oui ? » répondit sarcastiquement l’un des médecins désapprobateurs. « L’identité vous ait apparu d’un coup de baguette magique peut-être ? Voyons Davies, cessez de faire votre intéressante, je vous en pris, pour l’amour du ciel. »
La doctoresse feignit de ne pas avoir entendu la phrase de son collègue, et continua d’une voix légèrement tremblante :
« Je crois penser que cet homme n’est autre que Michael Scofield. »
A cette phrase, elle baissa une nouvelle fois les yeux sur ton torse. Un torse tatoué précisément.
Un démon tuant un ange.

-:-

Dans une ruelle malfamée, un homme était dissimulé dans l’obscurité d’un vieux bâtiment miteux quand soudain une sonnerie de téléphone retentit et résonna dans la totalité de l’endroit. L’homme habillé d’une veste de cuir noir décrocha.
« Allô ? » dit-il d’une voix grave.
« Avez-vous exécuté la mission ? » demanda avec empressement une autre voix masculine.
L’homme à la veste noire eut alors un étrange sourire avant de répondre :
« Parfaitement. »
Ce dernier jubilait à l’idée de ce qu’il venait de faire, mais l’autre homme ne partageait apparemment pas sa bonne humeur.
« Alors, pourriez-vous me dire pourquoi mes hommes l’ont vu embarquer dans une ambulance ? Vous avez d’étranges méthodes de travail. Il devrait être mort à l’heure qu’il est ! » s’énerva son interlocuteur. « Si jamais quelqu’un apprenait la vérité… »
« Oh, ne vous inquiétez pas mon cher bon Monsieur, » répondit l’inconnu, le sourire toujours aux lèvres. « Je ne crois pas qu’il sera en état de dévoiler quoi que ce soit à qui que ce soit pendant un long moment, et quand viendra ce moment, je serai là pour m’assurer qu’il ne le raconte à personne. »
Sur cette phrase, il raccrocha l’air satisfait, et s’éloigna de la ruelle d’un pas silencieux.

-:-

A quelques dizaines de kilomètres de là, dans un coin légèrement reculé de la Nouvelle Angleterre, Lincoln Burrows venait de rentrer chez lui de sa longue journée de travail. Bien qu’il ait reçu des indemnisations de la part de la Compagnie après la fin de toute cette affaire, il avait préféré se chercher du travail au lieu de rester toute la journée dans sa maison à ne rien faire.
Cela faisait maintenant deux ans que lui et son fils de dix-neuf ans, LJ, habitaient dans cette maison éloignée du Centre Ville. Ils l’avaient bâtie de leurs propres mains. Lincoln eut un sourire à la pensée d’une certaine soirée d’il y a trois ans où il avait discuté avec son fils au téléphone, et se dit que la vie n’avait pas été totalement injuste avec lui et sa famille. Mais son sourire disparu aussi rapidement qu’il était apparu lorsqu’il repensa à lui.
Il tenta de repousser ces pensées. Il n’était pas bon de repenser au passé. Pourtant il avait espéré. Espérer qu’il puisse réapparaître un jour. Mais cela ne s’était jamais réalisé aussi puissants que soient ses souhaits.
Un an. Le lendemain. Cela allait faire un an qu’il avait disparu.
Un an qu’il tentait de se dire que ce n’était pas sa faute s’il avait disparu ainsi.
Pourtant, il devait avouer qu’aujourd’hui était une journée assez singulière. Il avait un étrange pressentiment, bizarrement. Le sentiment que quelque chose allait se dérouler sans savoir si c’était une bonne chose ou une mauvaise.
« Papa ? »
Lincoln releva brusquement la tête vers son fils qui venait d’apparaître dans le hall d’entrée. Il se composa un air détendu, puis le salua d’une tape sur l’épaule tout en ignorant la grimace de celui-ci.
« Hé fiston ! »
Le concerné leva les yeux au ciel à l’entente de l’appellation.
« Au fait, Sara a laissé un message. Elle a- »
Lincoln n’écoutait plus son fils, et se dirigeait déjà vers le téléphone où il appuya sur le bouton du répondeur. Le « BIP » habituel retentit, puis la voix de Sara résonna alors dans le salon des Burrows :
« Hum… Salut Linc, LJ… C’est Sara… Hum… En ce moment je suis à Rhode Island pour affaires et hum… j’avais pensé à vous faire une petite visite, peut-être pourrions-nous nous voir demain ? En tout cas si vous êtes d’accord, vous connaissez mon numéro. »
Quand la pièce redevint silencieuse, le père leva les yeux vers son fils qui avait adopté un air renfrogné et croisait à présent les bras, cela le fit rouler des yeux.
« Si tu voulais me dire que Sara nous rendait visite, fallait me le dire tout de suite, » dit-il d’une voix moqueuse, ce qui sembla agacer encore plus le jeune homme si c’était possible.
« Je voulais t’annoncer la nouvelle mais tu ne m’as pas écouté ! » répliqua ce dernier. « Tu t’es tout de suite jeté sur le téléphone ! »
Lincoln leva de nouveau les yeux au ciel tout en levant également les bras en signe d’exaspération.
« On ne va pas se disputer pour quelque chose d’aussi stupide, je- »
Toutefois, il ne pu terminer sa phrase puisque quelque chose le coupa.
Le téléphone sonnait.

Episode 2



Happy Birthday… Little Brother [One-Shot]
13 mars, 2007, 4:56
Classé dans : : Fanfictions, : One-Shot

Fond sonore : Mad World by Michael Andrews (version acoustique).Happy Birthday... Little Brother

 Happy Birthday… Little Brother

Dans plus de huit mois, la sentence sera exécutée.
Contrairement à la plupart des personnes probablement considérées comme étant plus saines d’esprit que lui, du moins du point de vue général, Michael n’a jamais été un grand adepte des anniversaires, ni d’autres fêtes d’ailleurs. Tout d’abord, parce que ses meilleurs souvenirs de fête datent d’un bon bout de temps – le plus loin qu’il s’en souvienne est l’année de ses seize ans – et ensuite parce qu’il pense avoir perdu son âme d’enfant depuis toujours pour se soucier de ce genre de détails futiles à ses yeux.
Ce n’est pas faute d’avoir essayé d’apprécier ce jour, cependant. Lorsque ses collègues de travail lui organisent une fête à l’occasion de son anniversaire, il est touché bien évidemment, pourtant le coeur n’y est pas. Il a beau essayé de faire des efforts, mais cela n’a jamais marché.
Alors quand Lincoln se fait emprisonné en prison et par dessus tout par sa faute, il perd totalement la notion qu’il devrait – au moins – essayer d’être heureux pendant son jour. Son frère est en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, alors pourquoi devrait-il être heureux ce jour précis ? Ni les autres jours par conséquent.
Néanmoins, lorsqu’il demande à l’administration pénitentiaire de Fox River une visite à Lincoln, cette dernière a le malheur de fixer le rendez-vous exactement ce jour-ci. Il se demande s’ils ne l’ont pas fait exprès ou peu importe. En y repensant, il n’a pas envie d’y songer. Penser à ce jour et à Lincoln en même temps lui fait revoir les souvenirs d’une vie heureuse qui lui a échappé depuis longtemps. Cette vie heureuse qu’il aurait préféré avoir au lieu de cet enfer dont il ne trouvera sûrement jamais la sortie.
Dans plus de huit mois, son frère va mourir, et il ne voit certainement pas pourquoi il devrait être heureux ce jour. D’ailleurs, personne n’est obligé d’être particulièrement joyeux le jour de leur anniversaire, n’est-ce pas ?
Dans plus de huit mois, son frère va mourir dans cette foutue prison qu’il a rénové.
Dans huit mois.
Il pense à tous ces jours où il aurait pu être heureux dans une autre vie avec son frère si tout ceci n’était pas arrivé avant de repousser ces pensées tout au fond de son esprit. Cela ne sert à rien d’y songer. On ne refait pas le monde avec des « si » et ses anniversaires les plus heureux resteront sûrement les meilleurs qu’il ait jamais eus, car il ne pense pas qu’il aurait la force nécessaire d’essayer d’en fêter d’autres après la mort de son frère. Surtout pas.
Il se sent assez misérable lorsqu’il repense au fait que Lincoln lui a permis d’être ce qu’il est à présent. Un loft dans un quartier assez chic, un bon travail dans une grande firme, les études les plus prestigieuses de Chicago. Il ne mérite pas ça. C’est à cause de lui si son frère est incarcéré pour meurtre.
S’il n’avait pas été là, Lincoln n’aurait pas eu tous ces problèmes. S’il n’avait pas été là, il n’irait pas mourir sur la chaise électrique.
Tout est de sa faute. Entièrement.
Le matin de ce jour, il se lève d’une humeur plutôt morose. L’idée de se lever dans un grand lit confortable dans une chambre elle-même spacieuse, alors que Lincoln n’avait droit qu’à une vulgaire couchette et une cellule de neuf mètre carré lui est absolument insupportable.
Dans plus de huit mois, son frère sera mort et il ne fait rien pour y remédier.
La journée passe à une allure si affolante que le jeune homme n’a même pas le temps de compter les minutes qui défilent sous ses yeux et se retrouve déjà en route pour la prison de Fox River.
Derrière le volant, il redoute sa visite avec Lincoln. Il ne s’attend pas à ce qu’il lui souhaite son anniversaire. Non. Il a abandonné depuis longtemps cette l’idée tout simplement parce qu’il pense ne pas mériter que son frère le lui souhaite.
Lorsque Michael se trouve devant Lincoln, ce n’est pas lui qui prend la parole en premier.
Chaque visite que le jeune homme rend à son frère est une épreuve. Il ne peut pas supporter le fait de voir son frère emprisonné, derrière cette vitre qu’il aurait tant voulu brisée de ses propres mains.
Mais il ne peut pas.
Alors il reste là. A écouter son frère lui parler. De tout, de rien. De tout ce qui pourrait le plus s’éloigner d’un sujet sensible. De leurs souvenirs d’enfance, avant que tout ceci n’arrive.
Il ne répond que quelques fois, essaie de sourire, mais ne peut s’empêcher de verser des infimes larmes. Il s’en veut. Il s’en veut de ne pas faire quelque chose avant que cela ne soit trop tard.
A chaque fois, c’est pareil, il a la manie de pleurer alors que le sujet ne porte pas à la tristesse. Bien sûr, il se rend compte du regard de Lincoln, mais dès que celui-ci lui fait une remarque, il essuie rapidement ses quelques larmes en répondant qu’il n’y a rien.
C’est un mensonge, bien sûr. Son frère s’en aperçoit, pourtant il ne lui fait plus aucune remarque ensuite, ce que Michael lui remercie intérieurement.
Pourtant, ce jour-ci, tout semble différent. La façon dont Lincoln le regarde est différente, dont il lui parle, la façon dont il se comporte avec lui. Michael se secoue la tête. Il se fait des idées.
Lorsqu’il entend le mot « anniversaire » quand Lincoln raconte une énième fois un souvenir de leurs temps heureux et accentue sur ce mot précis, il ne fait pas attention. Il a l’impression que lors de chaque visite qu’il lui rend, il est plongé dans une profonde léthargie dont il ne semble ne pas pouvoir en sortir. Il n’en peut plus. Il n’en peut plus de rester de l’autre côté de la vitre à ne rien faire, à rester passif. Ce jour- n’y va pas changer grand-chose.
Quand l’heure de visite est terminée, Michael ne sait pas s’il est soulagé ou déçu. Soulagé que cette épreuve soit enfin terminée, et déçu, d’un côté, que cela ne dure pas plus longtemps.
Pourtant, ce jour-ci, tout semble différent. Il se lève lentement de son siège, puis commence à marcher.
« Michael, » entend-t-il alors appeler.
Il se retourne vers son frère, un air interrogateur sur le visage. Lincoln lui fait un sourire sincère puis déclare avec douceur :
« Joyeux anniversaire, petit frère… »
Michael ne répond pas tout de suite, pris de court. Quelque part au fond de lui, une sensation venait de naître, une sensation qu’il n’avait plus ressenti depuis longtemps, le fait de se sentir heureux son jour et il sait que cette sensation n’est pas prête de le quitter de si tôt.
Car dans un an, son frère sera encore vivant, et aussi étrange que cela soit-il il se sent enfin comme étant quelqu’un de normal.

8 Septembre 2005.

FIN

 NdA : Pour plus de précision, l’histoire de ce One-Shot se passe quelques mois avant que Michael ne se fasse enfermer à Fox River pour faire évader son frère, et peu après sa visite à Lincoln que l’on voit dans l’épisode Pilot de la saison 1 (où Lincoln dit qu’il est innocent).



Ce n’est qu’un au revoir… Acte 1, Chapitre 3
10 mars, 2007, 3:16
Classé dans : : Fanfictions

Chapitre précédent

CE N’EST QU’UN AU REVOIR…
…Say your last goodbye

Fond sonore : Trouble by Coldplay.

Acte 1, Chapitre 3

Michael sentit son cœur rater soudainement un battement à la vue de la personne. C’était une jeune femme – qui ne devait pas être plus âgée que lui – à la longue chevelure auburn et possédant de magnifiques yeux couleur noisette. Le jeune homme se secoua la tête intérieurement pour chasser les pensées masculines qui commençaient à envahir son esprit tel une vague déferlante. Ce n’était pas le moment.
Elle portait une longue blouse blanche semblable à celle que portaient les médecins à l’hôpital. Ce devait être le médecin de la prison, songea-t-il alors.
Ce fut à ce moment-là qu’il remarqua l’attitude gênée qu’avait la jeune femme, sans doute à cause de son regard trop insistant. Il se mit à regarder ailleurs puis se leva.
« Oh, je crois m’être perdu en cours de route. J’aurai bien aimé avoir un plan de la prison qui m’indiquerait la sortie mais malheureusement je ne les ais pas sur moi, » tenta-t-il de plaisanter sans grande conviction.
La jeune femme remarqua le ton de sa voix et demanda d’une voix légèrement inquiète :
« Vous allez bien ? »
Non, il n’allait pas bien. Il repensait encore à sa « confrontation » précédente avec LUI. A vrai dire, cela faisait depuis longtemps qu’il ne sentait pas bien. Mais bien sûr, il ne pouvait pas raconter ça à une inconnue, tout simplement parce qu’elle ne voudrait sûrement pas écouter ça.
« Oui, oui, je vais très bien, merci, » dit-il à la place, un peu trop précipitamment.
Il y eut un silence pendant lequel la jeune femme semblait le regarder suspicieusement. Au bout de quelques temps, Michael brisa le silence et se présenta d’un ton qu’il voulait enjoué :
« Au fait, je m’appelle Michael. Michael Scofield. »
La doctoresse le considéra un instant avant de répondre avec un sourire :
« Sara Tancredi. »
Le nom lui sonnait familièrement aux oreilles.
« Tancredi comme le gouverneur ? » questionna-t-il alors.
Sara ne répondit pas. Il en profita pour ajouter en un demi-sourire :
« Je ne pensais pas qu’on trouverait ici, à Fox River, la fille unique de Frank-la-Justice travaillant en tant que médecin. »
« Je crois en la solution, pas le problème, » répliqua-t-elle.
Le ton qu’employait la jeune femme lui fit remarquer qu’elle devait avoir l’habitude de ce genre de questions. Etrangement, sa dernière phrase lui rappela une ancienne citation qu’il avait lue.
« Soit le changement que tu veux voir dans le monde, » récita-t-il, sans le remarquer, à haute voix.
Il sentit la jeune femme essayer de dissimuler sourire puis se retourna vers elle.
« Qu’y a-t-il ? Je l’ai dit à haute voix ? »
Elle hocha la tête et dit toujours en souriant :
« Non, c’est juste que c’était l’une de mes grandes phrases. »
« Vraiment ? Et moi qui croyait pendant tout ce temps que c’était de Gandhi, » plaisanta-t-il avec plus d’enclin cette fois-ci.
Sara eut un petit rire qui eut le don d’égayer un peu plus le cœur de Michael. Il ne savait pas pourquoi mais la jeune femme avait un certain don pour le réconforter. Il se sentait un peu mieux que précédemment.
« Vous êtes très drôle, » déclara-t-elle en souriant.
Il sourit à son tour puis se sentit obliger de rajouter :
« Vous savez je ne vais pas vous juger en fonction de votre père. J’ai moi-même eu un père alcoolique qui nous a abandonné alors je ne vais pas être le genre de personne qui juge les gens en fonction de l’identité de leurs parents. »
Il songea un instant au père qu’il n’avait pas connu mais qui, selon SES dires ne méritait pas vraiment d’être connu ou plutôt IL ne voulait pas lui en dire plus à son propos. Une hypothèse folle le traversa alors, peut-être était-ce à cause de ce père qu’IL se comportait ainsi. C’était ce qu’une partie située au plus profond de lui voulait croire.
« Vous a abandonné ? » demanda-t-elle soudainement, haussant un sourcil.
Michael se rendit compte de ce qu’il venait de dire et se mit mentalement une claque. C’était la première fois – depuis très longtemps – qu’il parlait vraiment de lui et de LUI comme un tout. Un ensemble. Une famille. Il avait prononcé ce mot sans vraiment réfléchir et c’étant sans doute son profond subconscient qui avait prit la parole à sa place à ce moment-là. C’était la seule réponse qu’il avait à cette question bien qu’il n’aimait pas véritablement cette perspective.
Toutefois, il prit tout de même la peine de répondre à la doctoresse :
« J’avais un frère. »
A cette réponse, il vit la jeune femme hausser de nouveau les sourcils.
« Vous parlez de lui au passé. Serait-il… »
« Oh non… Il n’est pas mort, » la rassura-t-il tout en ajoutant mentalement « Non, c’est plutôt qu’il va mourir dans quelques heures. »
« Alors pourquoi… » commença Sara avant de s’interrompre brusquement comme si elle venait de réaliser quelque chose.
« Oh mon Dieu, » murmura-t-elle si bas que Michael eut du mal à l’entendre même avec son DIL. « Ne seriez… ne seriez vous pas le frère de Lincoln ? » questionna-t-elle d’une voix plus haute.
Le jeune ingénieur se figea. Il s’attendait à tout sauf à ce qu’elle lui demande ceci. Bien sûr, il aurait du s’y attendre après la charmante discussion qu’il avait eue avec ce cher Bellick, mais quelque chose lui disait que ce n’était pas à cause de ça. La jeune femme prononçait SON prénom de manière familière. Ils devaient être assez proches pour ça. A cette pensée, il éprouva – sans savoir pourquoi – une certaine jalousie envers LUI. Il n’y avait pas de quoi. Après tout, il ne connaissait la jeune femme que depuis quelques minutes, tandis que LUI avait sûrement du la voir souvent pour des examens médicaux. Il se frappa de nouveau mentalement pour ressentir de tels sentiments en ces circonstances.
Sara sembla s’apercevoir de son attitude et s’expliqua :
« J’ai du le voir pour procéder à des examens médicaux obligatoires même si je trouve ironique de s’assurer de la bonne santé de quelqu’un qui va bientôt mourir, mais c’est le règlement. Il m’a parlé de vous lors de ses visites. »
« De- de moi ? » bredouilla Michael d’une voix étranglée.
Il ne savait pas vraiment quoi penser de ça.
« Oui, de vous. Il a dit que vous étiez l’une des seules personnes qui comptaient le plus pour lui au monde et… »
La doctoresse se coupa lorsqu’elle vit que Michael avait baissé la tête et s’était ré appuyé contre le mur. Sans aucune raison, entendre parler de LUI par elle le mettait mal à l’aise.
Se souciant peu du regard que lui lançait la jeune femme, le jeune homme ferma de nouveau les yeux, des pensées toujours aussi contradictoires les unes que les autres en tête. Finalement, peut-être aurait-il du ne pas sortir, se répéta-t-il.
« Vous êtes en froid avec lui, n’est-ce pas ? » questionna Sara.
Michael rouvrit les yeux et leva brusquement la tête vers elle à cette question, une expression étonnée sur le visage. Une expression qu’il s’empressa d’ailleurs de cacher rapidement, mais il ne pouvait s’empêcher de se demander comment elle le savait.
« Je… » commença-t-il à répondre maladroitement.
« Vous n’êtes pas obliger de répondre, » l’interrompit-elle d’un ton compréhensif.
Un silence inconfortable s’installa entre les deux personnes. Ne supportant plus ce silence, Michael finit par avouer ce qu’il avait toujours tenté de ne pas faire face ces trois dernières années.
« Il avait été mon modèle lorsqu’on était tous les deux plus jeunes. Après la mort de notre mère, il a juré de prendre soin de moi quoi qu’il arrive, et il l’a fait. Il a tout fait pour me préserver de la criminalité alors que lui-même était en train de sombrer dedans. Il a tourné mal et- je lui en veux pour ça… Je- »
Le jeune homme sentit une main rassurante lui prendre la sienne. Il plongea ses prunelles bleues dans celles de Sara puis dit alors :
« Je suis désolé, vous avez sûrement d’autre chose à faire que m’écouter. C’est idiot ce que je dis… »
Il eut un petit rire nerveux et dégagea sa main de celle de la doctoresse. Il passa sa main derrière ses cheveux courts d’un air embarrassé avant d’ajouter :
« Je suis encore désolé de vous avoir dérangé. Je crois que je vais partir d’ici. »
Michael commençait à s’éloigner lorsqu’il entendit Sara crier « Attendez ! ». Il se retourna vers la jeune femme qui s’était avancée vers lui.
« C’est moi qui devrait être désolée, j’ai amené le sujet alors que vous n’avez, semble-t-il, pas envie d’en parler. Mais je crois que- je ne vais pas vous faire la morale car ce n’est pas mon droit mais je pense que vous devriez vous entretenir tous les deux avant qu’il… »
« Avant qu’il ne meurt », termina-t-il à sa place d’un ton sinistre.
Au fond de lui, Michael savait qu’elle avait raison même si il ressentait toujours de la rancœur envers LUI. IL était peut-être coupable, mais IL était aussi… IL était aussi LUI.
Le jeune ingénieur tenta de sourire faiblement à Sara.
« Vous avez sans doute raison. »
La jeune femme lui retourna son sourire puis il la vit fouiller dans ses poches et en sortir quelque chose dont la forme lui semblait étrangement familière.
« Hum… Votre frère n’était pas sûr que vous alliez venir à cause de… Enfin, hum… vous me comprenez. Alors il m’avait demandé de vous remettre ceci en main propre. »
Elle lui tendit alors l’objet en question. C’était en fait une grue de papier. A la vue de cette dernière, des flashs de souvenirs envahirent l’esprit de Michael. Il retourna la grue dans tous les sens avant de dire d’une voix qu’il tenta de maîtriser le plus possible :
« Merci. »
« Il n’y a pas de quoi. Je suis désolée mais de je dois retourner travailler. Peut-être nous reverrons-nous. »
Michael ne fit que hocher la tête en la regardant s’éloigner. Ce fut à cet instant-là qu’il chuchota au vent :
« Au revoir et merci. »
Cette rencontre semblait lui avoir ouvert les yeux sur bon nombre de choses même si elle n’en avait pas l’air. Le fait de parler avec Sara lui avait fait découvert des choses qu’il avait toujours refusé d’admettre. Il baissa le regard vers la grue de papier.
Oui, peut-être qu’il n’était pas encore trop tard…

Acte 1, Chapitre 4, Partie I

NdA : Alors, personnellement, je n’aime pas vraiment ce chapitre car je trouve ne pas avoir assez bien cerné le personnage de Sara (qui est pourtant un personnage que j’apprecie). Je pense peut-être le réécrire un jour…



First Time… [BIS]
4 février, 2007, 3:03
Classé dans : : Fanfictions, : One-Shot

NdA : One-Shot dans la même ”série” que le premier du même nom.

POV Mystère encore (enfin pas si mystère que ça :P ) 

 

FIRST TIME… [BIS]

La première fois qu’elle embrasse celui qu’elle considère comme son propre petit frère, ce dernier n’est qu’un jeune adolescent. Pour être honnête, embrasser n’est pas le verbe approprié pour décrire ce qu’elle lui fait. Elle aurait plutôt choisit le verbe « faire la bise », mais enfin tout dépend du point de vue, qui pour certains, auraient qualifié son action de « faire un gros bisou sonore sur la joue ».
Sonore. Car, oui, elle ne le considérait encore comme un enfant. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a toujours eu une forte envie de le materner, ce qui doit sans doute plus agacer le concerné que vraiment autre chose. En y réfléchissant, c’est peut-être parce qu’il a perdu sa mère il n’y a pas si longtemps que ça qu’elle réagit ainsi avec lui, il est jeune et elle a envie de le consoler. Point final.
Cependant, il y a également une autre raison. Qu’elle ne s’en apercevra que bien plus tard, toutefois.
Les années passent. Et après avoir appris l’horrible nouvelle par l’autre qu’elle considère maintenant comme son ex-petit ami, voir pas du tout petit ami, elle se sent trahie. L’horrible nouvelle étant que l’autre ait couché avec une autre femme.
Comment s’appelle-t-elle déjà ? Elle ne veut même pas se souvenir de son nom.
Parfois, elle se dit qu’elle est pathétique à réagir comme cela. Mais elle n’y peut rien à ça.
Et puis elle le revoit. Lui. Après toutes ces années, il n’est plus le jeune adolescent qui avait peur de dormir seul dans sa chambre car il craignait qu’il n’y ait un monstre dans le placard. Il n’est plus l’enfant qu’elle s’est plue à materner et à consoler.
Non. Il a grandi. Peut-être un petit peu trop rapidement. La vie est parfois injuste pour certains.
Il a grandi. Et ce qu’elle ressent à présent n’est plus un instinct maternel. Non. C’est autre chose, ce autre chose qu’elle se surprend même à ressentir envers celui qu’elle considère – rectification, considérait – comme son propre petit frère. Elle ne sait pas réellement comment réagir face à ses sentiments. Il est après tout son petit frère.
Alors après avoir passé une nuit dans un bar avec lui, ils rentrent dans son appartement. Elle a l’esprit légèrement embrumé, mais arrive tout de même à formuler de pensées correctes. Les paroles qu’elle sort laissent pourtant à désirer.
Correction, elle n’a pas de pensées correctes. Et son équilibre non plus n’est pas correct.
Cette succession de péripéties fait qu’elle se retrouve brusquement – sans savoir comment – dans ses bras. A vrai dire, elle se plait à être dans cette position quand soudain elle a une pensée envers l’autre. Chassant furieusement cette pensée de son esprit – il peut aller au diable – elle se redresse doucement.
C’est la première fois – depuis longtemps – qu’elle se retrouve aussi proche de lui. Elle lève son regard vers ses prunelles bleues et s’en retrouve aussitôt hypnotisée. L’ironie fait qu’elle baisse alors les yeux vers ses lèvres. C’est là qu’elle se trouve attirée comme un aimant par celles-ci. Une partie de son esprit crie la sonnette d’alarme, mais elle ne fait que l’ignorer et approche peu à peu son visage de lui.
Jusqu’à ce qu’une sonnerie stridente – cette fois-ci bien réelle – ne retentisse dans les lieues et ne les coupe dans leur action. Elle maudit intérieurement celui qui appelle jusqu’à la trente-sixième génération.
Il s’excuse, sort son portable de sa poche, et regarde silencieusement l’écran lumineux. Elle ne peut s’empêcher de baisser elle aussi le regard vers le petit appareil.
Evidement.
L’autre. Finalement, elle retirerait peut-être sa malédiction. Peut-être.
Elle tente de se composer une expression neutre en espérant ne pas afficher la moindre déception possible face à ce qui a faillit se passer et lui demande s’il va répondre.
« Il peut laisser un message, » répond-t-il.
Un silence inconfortable s’installe, et après quelques secondes, il ajoute :
« On ne devrait pas faire ça. »
Elle sent son masque tomber. Le fait de l’avoir presque fait lui donne l’esprit plus clair à présent. Elle est toujours ivre, bien sûr, mais son esprit est beaucoup plus lucide. Elle se rend compte maintenant que les sentiments qu’elle ressent sont bien réels.
Alors quand elle répète plusieurs fois :
« Je comprends. »
Elle ment.
Les moments d’après sont bien trop flous pour qu’elle s’en souvienne vraiment. Il lui a appelé un taxi. Elle est rentrée chez elle. Elle passe la nuit entière une boîte de mouchoir à la main et un pot de crème glacée dans l’autre.
Pathétique n’est-ce pas ? Voilà maintenant à quoi elle est réduite à cause de ces hommes.
Le lendemain, quand elle apprend la mauvaise nouvelle, elle se sent complètement honteuse d’avoir eu de pensées pareilles. Elle ne sait pas vraiment s’il est courant pour lui, alors elle va le voir au travail.
Ils réagissent comme s’il ne s’était absolument rien passé la veille, ce qu’elle ne demandait pas tant venant de sa part.
Les jours suivants, elle se dit vraiment qu’elle est heureuse de ne pas le revoir. Elle ne l’aurait pas supporté.
Puis une semaine après, elle le croise par hasard dans une avenue bondée de Chicago. Elle tente de l’éviter quand il la tient par le bras. Elle se retourne brusquement vers lui.
Il la lâche, et tout en se passant une main derrière la tête, il dit :
« Tu sais, à propos d’il y a une semaine- »
« N’en parlons pas, » l’interrompt-elle soudainement.
« Vee, je voulais juste te dire que je suis désolé, » déclare-t-il d’un air mal-à-l’aise.
Elle se fige. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il s’excuse.
« Je… » commence-t-elle à dire. « Pourquoi t’excuses-tu ? Ce n’est pas de ta faute. Nous étions- J’étais ivre. Ce n’est pas de ta faute, » répète-t-elle.
C’était plutôt de sa faute. A elle seule.
« Tu es sûr, Vee ? »
Elle sourit. Elle revoit pendant un instant le jeune adolescent peu sûr de lui.
« Oui, j’en suis sûre Mikey. N’en parlons plus. »

Trois ans après, lorsqu’elle repense à ce souvenir, elle se demande tout de même ce qui se serait passé à ce moment-là si elle l’aurait embrassé.
Néanmoins, en serrant dans ses bras l’homme qu’elle avait depuis toujours aimé et qui allait la quitter à jamais, elle se dit qu’elle avait bien fait. Vraiment.

FIN

 

NdA (Bis) : Au début, j’avais prévu de faire ce One-Shot sous le point de vue de Michael, mais je me suis dit que le faire sous le point de vue de Veronica serait beaucoup plus intéressant, et c’est surtout parce qu’il n’a pas beaucoup de fiction sur elle ^^. Donc j’ai voulu lui faire un petit hommage :P



Ce n’est qu’un au revoir… Acte 1, Chapitre 2
1 février, 2007, 11:18
Classé dans : : Fanfictions

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Chapitre précédent

NdA : Présence de langage pas très catholique…  (mais rien de bien méchant ;) )

CE N’EST QU’UN AU REVOIR…
…Say your last goodbye

Fond sonore : Where’d you go by Fort Minor.

Acte 1, Chapitre 2

Vide. Vide était le mot qui convenait tout à fait à la description de la pièce et c’était d’ailleurs le premier mot auquel il pensa en découvrant le lieu. Vide de toute vie, de toute chaleur humaine, de tout réconfort que peut-être il aurait secrètement voulu sans vraiment vouloir se l’avouer réellement à cause de ce qu’il ressentait ou plutôt de ce qu’il se forçait à ressentir.
La pièce paressait froide, sans aucune personnalité. Plusieurs chaises étaient disposées ça et là de l’endroit et une grande table était posée en son milieu. A droite de la pièce, de grandes fenêtres aux carreaux épais laissaient filtrer la lumière du soleil.
Après son « inspection » du lieu, Michael se retourna alors vers le gardien en lui jetant un regard interrogateur auquel ce dernier répondit immédiatement :
« Burrows ne devrait pas tarder. »
Et avant que le jeune ingénieur ne puisse répondre à son tour, le maton ferma la porte.
Etrangement, Michael était soulagé de ne pas avoir à LE « confronter » dès l’instant. Il ne s’y sentait pas préparer. Il se demandait par ailleurs s’il serait jamais prêt à le voir en ces circonstances-ci. Il allait, de toute façon, bien devoir LE voir à un moment ou à un autre qu’il soit prêt ou non. Le plus vite serait le mieux.
Il fit les cent pas pendant quelques instants, puis se disant que ce n’était pas ainsi que le temps allait passer plus rapidement, le jeune homme s’assit sur une chaise près de la table.
Le temps. Encore une de ces choses qu’il ne pouvait pas contrôler. Tout comme LUI. Une chose ou une personne qui pouvait parfois être extravagante, n’en faire qu’à sa tête, mais qui, pourtant, en devenait presque indispensable pour sa survie. Presque, car il ne savait plus très bien quoi penser à SON propos.
Ce jour-là était le jour où tout avait chamboulé dans sa vie. Le jour où son existence carrée, bien ordonnée et tranquille s’était retrouvée déranger par un évènement inopportun. Malgré cela, il ne pouvait pas vraiment LUI en vouloir pour cela. IL avait toujours – et le serait sans doute jusqu’à l’au-delà – été la « partie incontrôlable » de sa vie, car oui, il avouait tout de même qu’IL avait fait parti de sa vie avant ça. A l’époque, c’était souvent LUI qui apportait la pointe d’excentricité à son existence. Il s’y était fait après le temps, mais n’avait pas pu LUI pardonner ça.
Ce fut à ce moment-là que Michael entendit un tintement qui ressemblait à celui des chaînes en provenance du couloir. Il se leva.
La porte s’ouvrit alors pour LE laisser entrer entouré de deux gardiens. IL n’avait pas tellement changé depuis la dernière fois. Il nota qu’on LUI avait rasé les cheveux. Sans doute parce qu’ils ne conduisaient pas assez bien l’électricité, songea-t-il avec ironie.
Les deux gardiens LE démenottèrent et sortirent de la pièce, en les laissant tous les deux face à face. Ils restèrent ainsi pendant quelques secondes, chacun observant l’autre et le silence en devenait de plus en plus pesant.
Ce fut LUI qui coupa le silence d’un ton qu’il voulait probablement enjoué :
« Salut Mikey. »
« Lincoln, » répondit simplement le jeune homme.
Le surnom affectif qu’IL avait utilisé le déstabilisa quelques instants, même s’il ne le montrait pas extérieurement. Cela faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait plus entendu de SA part…
« Je n’étais pas sûr que tu allais venir, » continua-t-IL.
« Je n’ai pas vraiment eu le choix, je crois, » mentit Michael.
Son malaise s’était dissipé, tout ce qui restait maintenant était de la colère froide et – contre toute attente – un sentiment de désespoir.
IL hocha la tête et déclara en souriant légèrement :
« On a toujours le choix Mike, on a toujours le choix. Et tu le sais très bien. »
Ce fut apparemment la phrase à ne pas dire pour Michael. Sans aucune raison apparente, il explosa d’une voix froide, sans crier pour autant :
« On a toujours le choix, hein ? Ca te va bien de dire ça. Et si tu avais toujours le choix, comme tu le dis, pourquoi les choses se sont terminées ainsi ? Je ne sais plus quoi penser, honnêtement, Linc. Comment a-t-on pu finir comme ça ? Tu- J’ai essayé de te remettre dans le bon chemin. J’ai vraiment essayé. Mais as-tu au moins fais le moindre effort ? Je- »
« Tu sais, ce qui est fait, est fait. On ne peut plus rien y changer, » dit-IL posément.
Mais Michael ne L’écoutait plus. Il avait envie de déverser toute sa rage, toute sa rancœur, tout son désespoir qu’il ressentait envers LUI et qu’il n’avait en aucun cas suspecter d’en avoir tant.
« Je ne sais plus quoi faire ! »
Il éclata soudain d’un rire sans joie en songeant à quelque chose.
« Tu sais. Parfois, je me demande ce que penserais Maman. Elle se retournerait sûrement dans sa tombe en apprenant ça. »
« Tu délires, Michael. »
Le concerné fronça les sourcils à cette phrase.
« Oh vraiment ? Si je délirais, je le saurais. Je ne crois pas que mon DIL ait encore déteint sur moi. Et puis des plus fous d’entre nous, ce serait sûrement toi qui serais choisi. Je ne comprends pas. Tu avais la moitié de l’assurance-vie de Maman et tout ce que tu as trouvé à faire, c’est de d’endetter de 90000$. Putain Lincoln ! » finit-il par jurer.
Il n’était pas dans son état normal, il le savait. Ce n’était pas son genre d’exploser comme ça et surtout si subitement. Les mots étaient sortis tout seuls, si bien qu’il se demandait si ce n’était pas un étranger qui les avait prononcés pour lui. Et LUI qui restait si calme et si posé alors que c’était d’ordinaire le contraire.
Michael avait besoin de se calmer, de prendre du recul et de réarranger ses pensées correctement. Cependant, il n’y arrivait plus, c’était plus fort que lui. Il se tourna vers la fenêtre, puis dit d’un ton toujours aussi polaire :
« Je ne sais pas quoi- As-tu…As-tu jamais pensé le mal que ça ferait aux autres et je ne te parles pas que de Steadman… Veronica, LJ, moi. Mais bien sûr, Môssieur n’en fait qu’à sa tête comme toujours. ET comme toujours, il s’ensuit des ennuis inimaginables. ET encore comme toujours, je suis obligé de jouer le grand frère de mon propre grand frère. Tu sais quoi ? J’en ai assez de jouer ce rôle pour une fois. Tu as choisi ta voie, j’ai choisi la mienne. Tu as choisi l’illégalité, j’ai choisi de poursuivre mes études pour trouver un bon job. Très bien ! Qu’il en reste ainsi ! »
« Michael, » appela-IL calmement.
Le jeune ingénieur refusait de se retourner vers LUI. Il avait l’impression que s’il rencontrait de nouveau SON regard, il ne le supporterait pas. Néanmoins, il trouva la force de se tourner – d’on ne sait où – et de le regarder droit dans les yeux.
« Arrête. Franchement arrête. J’en peux vraiment plus de cette histoire. »
« Michael, tu n’est pas dans ton état normal, » répondit-IL.
Le dénommé pu lire une lueur d’inquiétude traverser brièvement SES yeux bleus. Cela le déstabilisa lorsqu’il remarqua que c’était la même lueur qu’il avait eue devant son miroir il y a de cela une bonne heure. Les mêmes yeux, la même lueur.
Michael ferma les yeux un instant, refusant de voir SES yeux inquiets, mais aussi surtout pour se rationaliser. Son cerveau analysa toutes les solutions possibles, puis il conclut soudainement que la meilleure solution pour échapper au bouleversement de ses émotions était justement d’éviter la source de ce trouble.
Finalement, il rouvrit les yeux et tourna son regard vers la table en trouvant un intérêt soudain à la peinture écaillée de cette dernière.
« Je- Je dois partir. Il me reste du boulot à faire que je n’ai pas encore terminé, » annonça-t-il d’un ton neutre.
C’était un mensonge. Il n’avait pas de travail à faire et ce dernier était déjà bouclé depuis longtemps. Mais c’était la seule phrase qu’il avait trouvé à dire. Son esprit n’étant pas encore en bon état de fonctionnement après toutes ces émotions.
SON expression changea. Alors que SON inquiétude avait disparue, du désespoir vint la remplacer.
« Mike. Il ne me reste que quelques heures à vivre ! Tu pourrais au moins- »
« Non, je ne pourrais pas, » l’interrompit-il brutalement.
Sans aucun regard envers LUI, il sortit de la pièce, sans toutefois claquer la porte. Il rencontra alors un gardien qui devait sûrement faire la garde. Celui-ci eut une expression étonnée avant de dire :
« Tout va bien Monsieur ? »
« Tout va très bien. Merci bien, » rétorqua-t-il d’un ton agressif.
Il le regretta tout de suite après. Ce n’était pas son droit de s’énerver sur une autre personne à cause de LUI. Cependant, il ne s’excusa pas et se dirigea, on ne sait où, vers un couloir qu’il pensait mener vers la sortie.
Le jeune homme poussa la première porte devant lui et se retrouva alors à l’extérieur. Non pas l’extérieur de la prison, mais l’extérieur à l’intérieur de la prison. Pour résumer, il se trouvait dans un chemin, dont une grille le séparait d’une grande cour. Le soleil n’était pas encore totalement couché et projetait de chauds rayons sur cette dernière.
Ne préférant pas s’attarder sur les détails, Michael referma la porte derrière lui puis marcha quelques instants sur le chemin avant de s’adosser sur le mur en poussant bruyamment un soupir. Il referma les yeux et respira de grandes bouffées d’air. L’atmosphère à cet endroit semblait oppressante. Il se dit finalement que sortir n’avait peut-être pas été la bonne solution, mais il resta tout de même adossé sur le mur. Il se laissa glisser contre celui-ci puis enroula ses bras autour de ses genoux.
Après quelques minutes, il entendit des pas se diriger vers lui et une voix amusée déclarer :
« Vous savez que normalement vous n’avez pas le droit d’être ici ? »
Cette voix féminine – car s’en était une – réchauffa étrangement le cœur de Michael. Il leva alors les yeux vers la silhouette qui se tenait à présent devant lui.

Acte 1, Chapitre 3